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19 sept. 2017 - MightyZ Divers

Sonic Mania: Le retour qui pique

Sonic Mania: Le retour qui pique

Le monde est divisé en deux catégories, ceux qui aiment Sonic et les autres. Quand les premiers sont, pour la plupart, atteints d'un syndrome de Stockholm qui leur empêche toute objectivité dans leur jugement de la licence phare de SEGA, les autres sont animés par un désir irrépressible de remuer le couteau dans la plaie en trouvant tout les arguments possibles (même les moins pertinents) pour descendre le hérisson bleu. Lequel des deux camps est dans le vrai ? Qui sait ? Force est tout de même de constater que Sonic n'a jamais connu la vista de son pote moustachu de chez Nintendo, et pour cause, la Sonic Team étant rarement capable de lui offrir un épisode digne de sa notoriété, surtout lorsqu'il s'agissait de tirer sur la corde nostalgique du bon vieux Sonic 2D (Oui, c'est à toi que je parle Sonic 4). Heureusement, la communauté est là et elle est en très grande forme. Christian Whitehead alias "Taxman" en est d'ailleurs l'un de ses plus fervent représentant avec son comparse Headcanon et l'éditeur japonais ne s'y est pas trompé en confiant à ces gars sûrs, chose rarissime dans l'industrie, la tâche de créer de toutes pièces le Sonic old School qui mettra tout le monde d'accord pour les 25 ans de la série. Après deux ans de développement et une attente interminable, Sonic Mania est enfin là et mon dieu que ça fait du bien !

GOTTA GO PAST 

Oubliez l'optique ici d'y voir en Sonic Mania le nouveau flagship de la série, car le jeu se veut avant tout pensé comme un hommage. Aux oubliettes les différents moves de Sonic introduits par les épisodes 3D comme les homing attacks ou les grinds, ici on est dans la nostalgie pure et dure des années 90. Seulement 3 personnages jouables (Sonic, tails et Knuckles) avec leurs skins de Sonic 3 légèrement retravaillés pour l'occasion. En plus du gameplay hérité des épisodes fondateurs de la Megadrive, le jeu inclut tout de même une nouvelle mécanique pour Sonic, le Drop Dash, qui consiste à pallier le temps mort qui fait suite à un saut en octroyant un boost lorsque celui-ci retombe en boule sur le sol, une technique qui a pour effets de dynamiser l'action et de fluidifier les déplacements connus pour être un peu lourd en début de course, surtout lorsqu'on se retrouve avec un ennemis placé juste en face qui ne demande qu'à nous débarrasser de nos quelques anneaux fraîchement acquis. 



Autre inspiration évidente, le level design reprend la recette des niveaux labyrinthiques qui proposent un cheminement sur plusieurs niveaux, certains sont particulièrement vastes si bien qu'il est parfois impossible de savoir où l'on se trouve, un peu à la manière d'un Sonic CD qui en faisait sa spécialité. Un aspect qui peut parfois frustrer sur les premières parties, mais qui devient jouissif une fois les niveaux arpentés plusieurs fois en découvrant les nombreuses trouvailles de Game Design et secrets disséminés un peu partout notamment les stages spéciaux qui demandent un coup d'œil pour être découverts. D'ailleurs en parlant des stages spéciaux, il en existe 2 types, la traditionnelle chasse aux boules bleues apparue dans Sonic 2 qui demande de récolter un nombre défini de boules et les stages de courses qui consistent à rattraper dans un temps impartis un UFO Catcher portant une Chaos Emerald tout en récoltant les boules de couleurs et les anneaux pour respectivement gagner de la vitesse et du temps. Ce dernier étant d'ailleurs particulièrement bien réalisé avec une 3D type 32bit qui rappellera de bons souvenirs aux fans de la Saturn et plus particulièrement de Sonic R, l'Euro Dance anxiogène en moins. 


 

SHUT UP AND TAKE MY RINGS !

Inutile de tourner autour du pot, si Sonic Mania est une si belle réussite, c'est aussi et avant tout grâce à son fan service absolument délicieux pour tout "SEGASEX" qui se respecte. On ne compte plus les moments de jubilation lorsque l'on remarque que les développeurs ont fait attention aux moindres petits détails qui font la différence sur n'importe quel autre jeu de fans. Cela passe d'abord par les niveaux ou "zones" pour être plus précis qui sont au nombre de 12 dont 4 inédites. Difficile de faire un choix dans les 8 zones Old School quand tant certaines sont devenus cultes. On passera forcément par les mythiques Green Hill Zone, Chemical Plant ou encore Oil Ocean. Dans l'ensemble, la sélection est de qualité même si certains oublis comme Ice Scape, le niveau en Snowboard inoubliable de Sonic 3, manquent à l'appel, dommage. Heureusement, les niveaux sont tous blindés de références subtiles à Sonic et à l'univers de SEGA en général comme Street of Rage, Daytona USA ou encore Sonic the Fighter et Puyo Puyo, du petit-lait pour les enragés de la grande époque du Blue Blue Sky.

 

 

Parlons maintenant des 27 boss qui achèvent la fin de chaque niveau. Encore une fois, certains d'entre eux reprennent des parterns des épisodes Megadrive, mais beaucoup d'autres sont inédits et sont véritablement bien pensés, surtout lorsqu'ils reprennent les gimmicks des niveaux dont ils sont issues. On y pardonne presque certaines approximations dans les hitbox ainsi que le relatif manque d'imagination de certains affrontements. Quant aux zones inédites, on est presque dans le sans fautes tant dans les trouvailles visuelles que dans la compréhension de ce qui fait un bon niveau "à la Sonic".


 

Sonic Mania est aussi et surtout une extraordinaire orgie visuelle et auditive. De l'animation des personnages et ennemis aux environnements colorés qui émoustillent la rétine de tout amateurs de pixel art, le jeu donne l'impression d'un travail d'orfèvre dans l'hommage qu'il veut rendre à l'esthétique 16 Bit mythique de la Megadrive. Quant aux musiques, on touche encore là  encore aux divins, une partition qui mêle d'anciens thèmes remixés et de nouvelles pistes qui collent parfaitement à l'univers et aux codes sonores de la série. Sonic Mania est véritablement un jeu splendide et y revenir de temps à autre pour y refaire 2 ou 3 niveaux est un véritable plaisir.

 

GREEN CHILL ZONE

Qui dit jeu "hommage" dit forcément contenu et bonus en pagaille, c'est malheureusement sur ce point que Sonic Mania déçoit. En effet, le jeu ne propose pas de récompenses qui valent la peine de se saigner dans les stages bonus. En vrac, on retrouve un simple sound test, un mode debug (rigolo pour la blague, mais dispensable), la possibilité de jouer avec Knuckles une fois le jeu fini, et c'est à peu près tout. Où est passé la galerie d'artwork ? le making off ? le mode Boss Rush ? Rien de tout ça. On se contentera d'un simple mode contre la montre comportant tout de même un leaderboard en ligne et un mode compétition permettant de se tirer la bourre à deux joueurs en Time Trial.



Sonic Mania 910Points positifs
  • - Enfin le vrai retour de Sonic
  • - Des moments grisants
  • - De la vraie bonne nostalgie
  • - Sublimissime !
  • - OST de l'amour
  • - Des références en pagaille
Points négatifs
  • - Pas assez de niveaux inédits
  • - Manque de contenu pour un jeu "hommage"
  • - Certains boss un peu vite expédiés

23 ans, c'est le temps qu'il a fallu pour enfin retrouver un Sonic 2D digne de ce nom. Sonic Mania est un cadeau inouïe fait aux fans de la première heure mais également un excellent jeu d'introduction à la formule Sonic pour les non-initiés. En somme, le jeu rempli non seulement son rôle d'hommage, mais donne une véritable raison à SEGA de continuer dans cette voix en proposant pourquoi pas une véritable suite aux aventures en deux dimensions du hérisson bleu en espérant que Christian Whitehead et ses potes soient encore de la partie.

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