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29 juil. 2016 - ZeManiaK Divers

Star Ocean 5 : la note est dans le titre !

Star Ocean 5 : la note est dans le titre !

Star Ocean : Integrity and Faithlessness est le cinquième opus d'une série d'action-RPG bien connue des joueurs de Playstation 1 et 2 (en Occident, la série ayant débuté au Japon sur Super Famicom). Et comme le titre le laisse penser (voire le spoile carrément), c'est un jeu moyen, voire médiocre, en rien insultant mais qui n'est pas au niveau de ce qu'attendent les joueurs de J-RPG. Et pourtant, les espérances étaient réelles.

Vaisseau spatial, fille aux cheveux roses et Charles de Gaulle. Si si.

Dans Star Ocean 5, vous incarnez Fidel Camuze, un jeune épéiste dont le père, général dans l'armée du royaume de Resulia, a laissé la charge de protéger Stahl, son village natal. Avec sa meilleure amie-d'enfance-secrètement-amoureuse-de-lui-sans-qu'il-le-voie, Miki, il va découvrir dans les décombres de ce qui ressemble à un vaisseau spatial une jeune fille, qu'il va vouloir protéger des bandits qui cherchent à la récupérer. En chemin, Star Ocean oblige, nos héros apprendront qu'ils ne sont pas seuls dans l'univers, et qu'ils habitent une planète sous-développée par rapport au reste de la galaxie, censée être protégée de tout contact avec une civilisation « avancée » pour éviter de bousculer l'équilibre des forces interne à cette planète. Mais tout le monde ne pense pas ainsi...

Autant être clair tout de suite : l'histoire est aussi basique et inintéressante qu'il est possible de l'être. Courte, elle s'articule autour de la protection de la fillette, Relia, qui possède un pouvoir spécial très convoité, bref rien de spécial. Si aucun personnage ne donne envie de se taper la tête avec sa manette, contrairement à l'opus précédent (Edge, je maudis ton nom), il n'y a pour autant pas grand chose à retenir du scénario, mais aussi des personnages. Pourtant les J-RPG nous ont souvent donné des compagnons très caractérisés, parfois stéréotypés, mais mémorables : rien de cela ici, même si Miki ou Emmerson s'en tirent mieux que les autres. Fidel lui-même échappe au cliché typique du héros de shônen au grand cœur, fougueux et impétueux, en étant très mature, mais la contrepartie vient de son manque de charisme et de personnalité, qui le rendent, ainsi que plusieurs de ses compagnons, insipide.

 

Le problème, c'est que ce jeu s'inscrit dans la saga des Star Ocean, une licence au background ample qui a fourni, surtout avec ses deux premier opus, des voyages spatiaux assez mémorables bien qu'imparfaits. Mais ici, rien ou presque n'est utilisé : mis à part un ou deux astéroïdes, les héros ne vont visiter qu'une seule planète, et toutes les batailles spatiales sont montrées à partir d'un écran de touché-coulé du vaisseau abritant les protagonistes. Venant d'une compagnie comme Square Enix, le manque d'ambition et la non-utilisation du lore de la saga laisse véritablement perplexe : il y a un matériau très prolifique, pourquoi ne jamais l'utiliser ? Et appeler le vaisseau le Charles de Gaulle n'y changera rien.

Car oui, le vaisseau d'Emmerson est bel et bien nommé comme ça : le « Charles.D.Goale ». Sans pression, et en anglais. J'attends avec impatience 2054 pour jouer à un JRPG où le héros se déplacera dans un hydravion Nicolas Sarkozy, ou une mobylette François Hollande.

Après l'aéroport et le porte-avions : le vaisseau spatial de JRPG. Enfin Charles de Gaulle trouve la reconnaissance qu'il mérite !

Un océan d'étoiles certes, mais un système de combat loin d'être stellaire

Comme tous les autres opus précédents, Star Ocean est un action-RPG : les combats se passent en temps réel et vous incarnez un seul des membres de l'équipe, même si vous pouvez changer à loisir et mettre le combat en pause pour faire exécuter des magies ou des attaques spéciales à vos héros. Un classique qui sera très facilement assimilé, par les vieux routards comme par les nouveaux venus. La nouveauté de ce jeu vient d'une jauge de réserve, qui se remplit selon la domination et les enchainements que vous réalisez et qui peut permettre d'effectuer des attaques spéciales une fois remplie, avec une intensité variable selon le degré de remplissage : une attaque de Fidel avec trois barres fera bien plus de dégâts qu'avec une seule, sachant qu'il faut tout utiliser à chaque fois. Autre nouveauté, cette fois dans le monde des J-RPG : Star Ocean 5 est le premier titre qui arrive enfin à annihiler la transition entre l'exploration du terrain et les combats (sauf pour les boss), et qui se paie en plus le luxe d'afficher les sept protagonistes simultanément lors des batailles (même si Relia, la fameuse petite fille, n'est pas directement contrôlable). C'est appréciable surtout pour enchainer les combats, mais ça reste du détail.

Et puis, ce n'est pas comme si les joutes tiraient en longueur ou qu'elles s'avéraient diablement épiques : 95% d'entre elles se résolvent en deux coups de cuillère à pot, ou plutôt de bourrage de coups spéciaux, en trente secondes - une minute max. Le système de « rôles » qu'amène Star Ocean 5, avec des états passifs améliorables qui donnent des bonus de caractéristiques et/ou modifient le comportement du héros quand vous ne le contrôlez pas, est une bonne idée qui n'est pas exploitée à son plein potentiel puisque les seuls combats un peu tendus sont ceux contre les boss. La difficulté est abaissée par la présence d'une équipe nombreuse, ce qui réduit le risque d'un game-over en cas d'attaque de zone monstrueuse d'un boss car il y a moins de chances que toute votre équipe soit affectée, et un seul membre peut ranimer toute l'équipe (ou au moins la soigneuse).

Il faut ajouter à cela un système de progression assez insipide et peu inspiré, les coups spéciaux se débloquant grâce à des livres trouvés après des combats, dans des coffres ou après des quêtes. Peu nombreuses, ces attaques spéciales reprennent celles des héros des précédents Star Ocean, ce qui est toujours appréciable, mais insuffisant : le système de points gagnés après chaque combat ou bien en cherchant des matériaux sert surtout à acquérir des spécialisations, dont on parlera plus loin, et beaucoup moins à améliorer ses techniques. Dans un genre, le J-RPG, qui a proposé des systèmes de combat et de progression très addictifs (Grandia, les premiers Star Ocean et même Pokémon, d'une certaine manière), Star Ocean 5 se place comme une suite fainéante et peu inspirée. Rien d'horrible, c'est juste... pas très intéressant.

Un système de combat peu attirant, pas d'optimisation du système de rôles... mais REGARDEZ-MOI CE DÔME !

Un titre oubliable, tout simplement

Le jeu est terminé en 20-25 heures, même en ayant réalisé la majorité des « quêtes annexes », en réalité des fetch quests basiques (mis à part une ou deux) : tuez tel monstre dix fois, ou bien trouvez dix roses bleues. Aucune histoire associée à ces quêtes, aucune mise en contexte, et la nécessité de se retaper ENCORE ET ENCORE les mêmes zones, avec quelques monstres qui changent. Sachant que ce sont ces quêtes qui peuvent donner des coups spéciaux ou même des spécialisations, ces capacités hors combat permettant de chercher des matériaux (pêche, minage, cueillette) ou de crafter (cuisine, forge, alchimie, etc...), c'est un moyen détourné et franchement pas très sympathique d'augmenter la durée de vie du soft artificiellement. Et encore le jeu est en anglais : pour les non-anglophones, vous risquez de prendre un peu de temps avant de tout comprendre, ça rajoutera une ou deux heures au compteur.

Le principal problème de Star Ocean 5 se présente alors à nous : il manque d'ambition, et surtout, de passion. Passe encore que les graphismes ne soient pas transcendants, que les musiques soient sympathiques mais sans être épiques, que certaines capitales soient plus petites que le village natal paumé du héros. Mais les Private Actions, ces saynètes dans les villes où les personnages se séparent et vivent leur vie, sont d'une fadeur sans nom, et comme je l'ai dit auparavant, mis à part une ou deux références, le côté SF est très peu présent, et l'aspect océan d'étoiles n'est qu'effleuré. Et au revoir toute idée de reproduire une des meilleures idées des premiers opus, qui nous faisaient choisir parmi plusieurs personnages très différents et qui offraient une vraie rejouabilité, l'équipe pouvant varier de moitié entre deux runs. Bref, pas de quoi s'y attarder ou s'en souvenir pendant longtemps. Ou même deux semaines.

Star Ocean 5 : un océan de médiocrité 510Points positifs
  • Le système de rôles, plutôt bien trouvé (même si sous-utilisé)
  • Pas de transitions combats-exploration
  • Un sound-design de bonne facture
  • Des donjons courts et efficaces
Points négatifs
  • Peu de contenu, et surtout peu de contenu signifiant
  • Le système de progression peu inspiré, une difficulté trop faible en normal et des combats trop courts
  • Les personnages insipides, même si au moins on a pas envie de les frapper cette fois
  • C'était vraiment un Star Ocean ?

Star Ocean : Integrity and Faithlessness n'a rien d'un jeu insultant, ou d'une gageure, notamment grâce à sa courte durée de vie. Mais ce soft n'est absolument pas mémorable, attachant ou même clivant : insipide et pas du tout ambitieux, il faudra se tourner vers d'autres crémeries pour obtenir un bon J-RPG. Et venant de Square Enix, une telle prestation ne peut être que décevante.

 

 

 

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