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26 avr. 2016 - Mandark Divers

Starfox Zero

Starfox Zero

Amie lectrice, ami lecteur, je vais être franc avec toi : j'avais eu l'occasion de tester un chouïa ce Starfox nouveau il y a quelques mois et, étonnamment pour un jeu siglé Big N, j'étais carrément resté sur ma faim. La faute à une prise en main des moins évidentes sur le coup mais, et j'insiste bien sur le MAIS, je réalise aujourd'hui que voilà le genre de soft qui ne gagne rien à être testé à la va-vite, cinq minutes devant une borne de démo.

Schyzofrenzy !

Parce que, autant que tu le saches de suite, ce Starfox Zero est tout sauf facile à prendre en main. Mal fagoté ? Non, surtout pas. Juste carrément exigeant !

Et si c'est le cas c'est que ce jeu à la queue touffue pousse à l'extrême la complémentarité écran principal/mablette (oui, je kiffe toujours ce p'tit nom tout mignon). À tel point qu'il n'est pas possible de jouer sans que les mirettes ne se tapent un aller-retour constant entre l'écran du haut (ton superbe téléviseur hachedé 128 pouces), celui où on a la vue extérieure, et l'écran du bas (sur lequel tu poses tes pouces, et qui forcément en a nettement moins que celui sus-cité) où on a la vue « cockpit ». Et, paradoxalement, c'est à la fois là que se situe la difficulté d'appréhension de Starfox Zero – susceptible de décourager de prime abord – et tout son intérêt.

Car switcher de l'un à l'autre n'a rien d'évident, du moins dans un premier temps, d'autant plus que le bal est mené par les petits gars de chez PlatinumGames (Bayonetta, folks !), ce qui peut se résumer par quelque chose comme : « Vous êtes venus pour en chier ? Alors welcome ! ». Pratiquement ça veut dire que d'emblée ce Starfox ne fait pas de cadeaux, avec un assaut sur Corneria assez velu, encore plus quand on considère qu'à ce stade on n'a pas encore eu le temps de se familiariser avec sa jouabilité particulière. Mais c'est aussi cette intensité dès le départ qui oblige le joueur, plus que le tuto d'introduction, à assimiler rapidement la prise en main, au risque de ne pas passer le niveau. Et ça marche ! Au bout d'un moment on se met à piger le système et à se dire qu'en fait, cette complémentarité d'écrans est finalement bien vue et bien pensée, chose plutôt difficile à comprendre en cinq minutes, debout devant une borne de démonstration. Pour reprendre une célèbre réplique de Les Bronzés Font du Ski : « Faut le voir chez soi ! »

Des graphismes dépouillés certes, mais au service de la jouabilité. Une certaine conception du jeu vidéo...

« Un temps que les moins de vingt ans ne peuvent pas connaîtreuuu ! » (merci Charles)

Starfox Zero n'est pas à proprement parler une nouvelle entrée dans la série, puisqu'il s'agit en fait plus d'un remake de Starfox 64 (Lylat Wars chez nous), à tel point que, hormis que l'on soit là sur une console next... euh, current-gen, on a l'impression de faire un léger bond dans le passé – d'une quasi vingtaine d'années environ.

Ce qui ne veut pas dire que Starfox Zero soit à la ramasse, bien au contraire : l'action y est constante et frénétique du début à la fin – exception faite d'un level basé sur l'infiltration qui n'a guère enchanté votre serviteur pour cause de limite hors-sujet – et les situations de combat mettant à rude épreuve les réflexes des joueurs ne manquent pas, sans parler des patrons, balèzes et qui demandent un réel skill pour en venir à bout, même si au bout d'un moment le jeu propose d'être plus tolérant face à vos échecs répétés (et pour parler la vérité, c'est un brin humiliant, moi-même je sais !).

Seulement il faut accepter certains partis pris du jeu, comme ses graphismes très dépouillés – autant pour favoriser la fluidité de l'action que pour rester fidèle à un certain esprit « à l'ancienne » – et sa linéarité, ainsi que sa courte durée de vie au premier run (comptez un petit cinq heures, quoi que je ne partage en rien l'ADN d'un Pete « Maverick » Mitchell, donc ça peut être moins pour un aguerri du dogfight), mais qui pousse bien évidemment à y retourner, d'autant plus que certains niveaux proposent des routes alternatives et réclament vraiment énormément de maîtrise si on veut obtenir des scores d'as du manche à balais !

Point de routes secondaires, cependant, sur la carte principale, celle qui permet d'aller d'une mission à la suivante, comme c'était le cas auparavant ; donc quand je précise « linéaire », c'est à prendre au pied de la lettre.

The fantastic Mister Fox fait aussi des ravages au sol

Renard à deux queues

On notera aussi la présence d'un mode deux joueurs en co-op (et en local uniquement) qui se joue à la mablette et à la wiimote, où un ou une gusse pilote un vaisseau – il y en a bien entendu plusieurs, volants et terrestres, parfois même les deux en un – tandis que l'autre fait le ménage. Un mode particulièrement amusant puisqu'il nécessite une vraie coordination entre les deux équipiers, et qui pour le tireur rappelle dans l'esprit la séquence du premier Star Wars où Han et Luke mitraillent les chasseurs Tie lancés à leur poursuite après leur échappée-belle de l'Étoile Noire. Et puisqu'on cause de Star Wars, je préciserais aussi et pour la forme que Starfox Zero y fait beaucoup de clins d'yeux.

R.I.P Iwata san

Enfin, on ne pourra que verser une petite larme à l'apparition d'un message de fin de jeu, dédié à la mémoire de feu Iwata Satoru, et qui nous rappelle au passage que la conception du jeu vidéo selon Nintendo n'est pas nécessairement celle qui fait loi partout ailleurs en ces temps de course effrénée vers le toujours plus plein les yeux. À sa façon ce nouveau Starfox se charge de nous le remettre en mémoire, et au vu du résultat on l'admet sans peine.

Fury fox ! 810Points positifs
  • Intense et exigeant
  • Skills needed !
  • Des patrons vraiment grands et plus retords qu'au Medef !
  • Un jeu old-school et fier de l'être
  • Différents vaisseaux et véhicules bien pensés
  • Une très bonne rejouabilité pour les adeptes du scoring
  • Un mode co-op qui assure
  • La complémentarité mablette/grand écran, qui séduira dès lors qu'on l'aura matée
Points négatifs
  • Très court si l'on a pas l'intention d'y revenir après le premier run
  • Les loopings arrière imprévus, qu'on déclenche parfois sans le vouloir à cause de la configuration des joysticks
  • Un niveau d'infiltration sans grand intérêt
  • La complémentarité mablette/grand écran, qui rebutera si l'on ne s'y fait pas très vite

Ce qu'il y a de difficile à cerner avec Starfox Zero, malgré des qualités et des défauts bien quantifiables, c'est s'il va plaire à des non-aficionados de la série. Son orientation vieille école totalement assumée - pas seulement en ce qui concerne les graphismes mais pour ce qui est du gameplay en général, et surtout sa prise en main qui ne peut drastiquement que séduire ou rebuter, sans juste milieu possible - en fait un titre audacieux par les temps qui courent et qui demande à être apprivoisé. Mais si l'on succombe au charme, malgré quelques impairs, Starfox Zero est un vrai bonheur de jeu vidéo, ni plus, ni moins.

 

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