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04 sept. 2014 - ZeManiaK Divers

Tales of Xillia 2 : vraie suite ou gros DLC ?

Tales of Xillia 2 : vraie suite ou gros DLC ?

Le premier Tales of Xillia n'arrivait pas à la cheville de ses prédécesseurs : scénario un peu mollasson, contenu annexe très pauvre, graphismes un peu à la traîne alors que les environnements étaient assez plats. Seuls un gameplay de génie (y compris pour un Tales of), des personnages assez attachants et une bande-son intéressante parvenaient à le sortir de la masse des J-RPG. Tales of Xillia 2 (ou ToX 2) était attendu comme un correctif des erreurs du premier, mais s'agit-il d'une suite maîtrisée ou d'un DLC présenté comme un jeu à part entière ?

Un scénario (enfin) à la hauteur

La série des Tales of n'a jamais été habituée à raconter des histoires très sombres ; Tales of Xillia 2 rompt cette habitude avec un scénario qui démarre très vite et qui se montre très dark dès les premières minutes. Le protagoniste est inédit : Ludger Kresnik (patronyme connu des joueurs du premier épisode), un jeune homme du continent d'Elympios qui veut devenir membre de Spirius Corporation, une entreprise où officie son frère Julius comme agent spécial. Le jeu ouvre sur son examen pratique, mais c'est bien un attentat dans un train qui va lancer les hostilités. Sans dévoiler le scénario, il va vite se retrouver avec une dette de 20 millions de gald sur les bras, ainsi qu'une petite fille de huit ans nommée Elle, qui lui sert officieusement de porte-voix puisque Ludger ne parle que très peu. J'ai d'ailleurs été heureux de voir qu'Elle est une petite fille attachante et pas une caricature d'enfant à sauver assez banale.

Ludger va vite être rejoint par les six membres de l'équipe du premier opus, dont certains ont subi une évolution assez franche et bienvenue (Elize notamment). Mais deux autres personnages sont au menu (pour un total de neuf persos), et, ce qui est assez déroutant, c'est qu'il s'agit de [SPOILER DU 1] Gaius et Muzet qui sont... les boss de fin du précédent jeu ! Cela dit, un des reproches apportés à ToX 1 était son histoire parfois un peu plate ainsi que sa fin qui voyait l'équipe et les boss de fin se séparer en paix. Au moins, sa suite permet d'expliquer ce happy-end un peu bisounours...

En tout cas, on ne peut pas dire que ToX 2 manque de profondeur : tous les personnages sont bien développés, y compris ceux qui ne sont pas dans l'équipe, et le jeu profite d'un monde déjà bien installé pour ancrer au maximum des thèmes assez adultes. Ainsi, la xénophobie, un thème quoique non central, est bien présente en toile de fond entre les habitants des continents d'Elympios et Rieze Maxia (réunis à la fin du premier jeu) ; on pourrait aussi penser à l'écologie et à l'utilisation des syprix, vrai problème pour les habitants d'Elympios. Mais ce sont surtout les choix moraux des personnages qui sont mis en avant, Ludger notamment. Vous devrez ainsi à de nombreux moments choisir entre deux options de dialogue, la plupart du temps sans grand enjeu si ce n'est développer une affinité avec un membre du groupe. Mais à terme, vous pouvez influencer la fin du jeu qui n'est pas prédéterminée car plusieurs fins existent (plutôt rare dans un J-RPG). Cependant, même si le scénario est assez prenant, le mutisme de Ludger est assez handicapant : il ne parle que par oui, euh, non ou en combat pour dire le nom des attaques, mais lui ajouter des lignes de dialogues pour le rendre vivant n'aurait pas été de trop. Que je sache, cela n'a empêché personne de se mettre à la place de Shepard...


Un casting haut en couleurs, et encore, il manque les deux personnages les plus puissants...

 

Un gameplay hallucinant

ToX 1 avait un système de combat extrêmement performant qui constituait sa vraie force. Sa suite allait-elle être au niveau ? Pour être honnête, il faut bien avouer que non... car elle met la barre encore plus haut. Tous les éléments importants sont repris : possibilité de se lier à un partenaire pour lancer des artes (capacités spéciales) combinés et bénéficier des bonus spéciaux de son allié, faiblesses élémentaires des ennemis à exploiter, artes mystiques... Inédits à cet opus ou repris des précédents Tales of, ces éléments du gameplay étaient les seuls aspects du jeu qui faisaient l'unanimité.

Tales of Xillia 2 innove sur plusieurs points : déjà, vous ne pouvez plus switcher entre les personnages en plein combat, vous avez juste quatre personnages dans le groupe en même temps, sauf dans les villes où vous pouvez changer d'équipe : il faut donc bien penser à réaliser une composition équilibrée. Mais surtout, le jeune Ludger possède trois types d'armes différents : lame, pistolet et maillet, chacune de ces armes permettant des artes différents. Sachant que les adversaires peuvent être sensibles ou au contraire résistants à l'une d'entre elles, la dimension stratégique est encore plus présente. Rajoutez à cela la possibilité que possède le même Ludger de se transformer en plein combat pour pouvoir faire pleuvoir les coups de manière impunie pendant quelques secondes, et vous obtenez des joutes ultra nerveuses, jamais ennuyeuses et une difficulté certaine qui vous fera réfléchir à deux fois avant de tenter un mode plus dur que le mode normal.

Pour ce qui est de la progression des personnages, on change par contre assez fortement de braquet : finis les orbes de lys qui ressemblaient au sphérier de FFX, bienvenue à l'orbe d'allium qui permet de puiser dans les minerais élémentaires obtenus en combat ou sur le terrain pour obtenir des artes et des capacités. Un peu déroutant au départ, ce système se maîtrise assez vite, et sans être passionnant, on se rend compte qu'on obtient très souvent des améliorations. Seul regret : on ne peut pas avoir un plan précis de ce que l'orbe d'allium peut apporter au-delà d'une ou deux capacités.


Adieu, orbe en toile d'araignée...

Tales of salaryman, ou comment passer 60 heures de sa vie sur un jeu sans s'en rendre compte.

Nous y voilà : le contenu annexe. Eh bien, il est énorme... COMME MA BI...bliothèque. Et tant mieux puisqu'il s'agissait de faire mieux que ToX 1 qui était assez pauvre en la matière. Ici, non seulement les activités à remplir sont nombreuses, mais elles se valorisent entre elles. Comme dit précédemment, Ludger doit rembourser une dette colossale dont les échéances rythment le jeu : quand vous payez un certain solde, une zone se débloque et vous pouvez avancer dans le scénario principal.

Mais en plus de cela, beaucoup de choses sont possibles : multiplier les missions afin de gagner de l'argent et rembourser in fine la dette intégralement (avec des bonus à la clé), mais aussi progresser les histoires individuelles des personnages, ou augmenter vos affinités avec vos coéquipiers pour des bonus importants. Vous pouvez aussi retrouver tous les chats dispersés dans le jeu (qui peuvent aller vous trouver des objets inaccessibles autrement), tuer les monstres Gigantos, affronter le Colisée, obtenir le plus de titres possibles (un classique des Tales of)... Même si vous ne vouliez que tuer des monstres faibles en boucle, le jeu a prévu de vous récompenser avec des points de capacités supplémentaires. Si on compte plusieurs fins disponibles, le classique New Game + des Tales of dans lequel les titres acquis vous donnent des bonus, comptez environ 30 à 35 heures pour finir le jeu en ligne droite (un gros gâchis), et près de 60 heures pour en faire le tour en une partie (donc avec un bon contenu post-game). Digne des plus gros J-RPG.

Mais alors, ce jeu est absolument génial ?

Mmh... Pas tout à fait car il faut pointer des défauts notables. Premièrement, il reprend énormément le contenu du premier ToX, y compris les ennemis, les boss, les environnements et même la musique... Ce n'est pas trop grave du point de vue sonore (les thèmes jazzys vont bien avec l'ambiance élympienne dont la société ressemble beaucoup à la nôtre), mais c'est plus embêtant au niveau des environnements. En effet, les villes sont juste « un peu » plus vivantes, les donjons et les routes très plats (comme dans le 1), et on trouve peu de lieux inédits par rapport au premier opus. De plus, les graphismes ne rendent pas justice à la PS3, seules les cinématiques en dessin animé sont vraiment mémorables. Alors, quand en plus les PNJ des villes mettent cinq secondes à apparaître car le jeu rame, on est en droit de s'impatienter. Autre point selon moi négatif, le jeu veut clairement que vous ne jouiez qu'un seul héros, à savoir Ludger. Vous pouvez tous les jouer, techniquement, mais il est clair que seul Ludger apporte plus de puissance (la transmutation) et qu'il est, avec ses différentes armes, le plus utile stratégiquement parlant. Petite déception qui n'altère cependant pas le plaisir du jeu.

Conclusion :

Pour répondre à la question initiale, Tales of Xillia 2 est un vrai bon jeu, voire un très bon jeu, dont le principal défaut est de trop ressembler, pour le meilleur et pour le pire, à son premier opus. Mais je n'aime pas juger un jeu uniquement par rapport à un autre, d'autant que j'avais apprécié Tales of Xillia 1 et qu'une encyclopédie vous permet de comprendre le background de ce dernier. Un scénario intéressant et mature, des personnages travaillés, un contenu très riche et des combats ultra dynamiques, on a donc un J-RPG de haute tenue, pas au niveau de Tales of Vesperia selon moi, mais pas loin. Que vous soyez fan du premier ou que vous n'y ayez pas joué, vous n'avez pas d'excuse pour éviter ce très bon jeu. Même si vous ne l'avez pas apprécié plus que ça, attendez une baisse de prix ou son apparition sur le marché de l'occasion, mais laissez une chance à Tales of Xillia 2, ce jeu corrige beaucoup de défauts de son prédécesseur. À bon entendeur, salut !


Et puis, avouez qu'il serait dommage de se priver d'un Teepo dans la vie de tous les jours.

 

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2 commentaires

AntoniNyuNyaa
AntoniNyuNyaa - 05/09/2014 16h37

Un test interessant mais il manque quelque chose de primordial dans ce jeu, pour tou fan de Jrpg...

des voix jap.

Donc pour moi ce jeu est à boycotter. stoo.

ZeManiaK
ZeManiaK - 05/09/2014 18h31

Sérieusement? Manque de voix jap = boycott? Le doublage anglais serait mauvais, encore... mais il est très bon, et notamment parce que d'un jeu à l'autre, les doubleurs ont fait évoluer les personnages, y compris dans les intonations, notamment ceux d'Elize et surtout Milla. Bref, le manque de doublages jap n'est ici absolument pas un problème

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