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11 nov. 2016 - Wicket & SpitFire League of Legends

The gap is closing ?

The gap is closing ?

La fin des championnats du monde a sonné. SK Telekom T1 vient de remporter son troisième titre en quatre ans, le deuxième consécutif. Au-delà de cette performance, c'est bien la domination de SKT, mais également de l'ensemble des équipes coréennes, qui a impressionné les observateurs. Retour sur la fin des Worlds et sur la main mise de la LCK sur la scène compétitive, toujours plus importante.

La LCK de plus en plus en forte

Une première depuis la création de League of Legends et des championnats du monde. Une région s'est payé le luxe de voir ses trois représentants qualifiés pour les demi-finales. Les équipes coréennes se sont en effet extirpées sans problèmes des phases de poules, finissant chacune première de leur groupe. Rox Tigers et SKT ont ensuite éliminé respectivement EDG et RNG, qu'on attendait à un autre niveau. Quant aux joueurs Samsung, ils s'occupaient de briser les espoirs américains de Cloud9, en lui infligeant un cinglant 3 : 0. On assistait alors à une finale avant l'heure: les champions du monde SKT contre Rox Tigers, récente championne LCK. Les attentes de tout le microcosme LoL n'étaient pas déçues, certains qualifiant ce match de plus beau BO tous Worlds confondus. Il faut dire que les deux équipes ont tout fait pour gagner la partie, quitte même à sortir une Miss Fortune support.

La confrontation ultime

Pour ce qui est des joueurs Samsung, ils se défaisaient sans aucun problème d'H2K, pour laquelle nous avions quelques espoirs. Un 3 : 0, encore une fois, qui réduisait à néant les espoirs de voir une autre équipe qu'une team coréenne en finale. La suite nous la connaissons : SKT bat Samsung, non sans mal, et remporte son troisième titre. Elle met ainsi en exergue la domination d'une région qui n'a jamais été aussi forte. En effet, la LCK n'a jamais été aussi passionnante depuis la saison 4 et l'époque des lineup sœurs. Chaque équipe, y compris celles promues récemment, était en mesure de bousculer les grosses écuries. KT Rolster, pourtant l'une des grandes favorites pour les Worlds, n'a pas réussi à se qualifier pour la compétition. CJ Entus, grosse écurie présente depuis le début sur la scène coréenne, a été reléguée à l'échelon inférieur. C'est pour cela que cette domination est propre à faire peur, car, finalement, pourquoi regarder une compétition, comme les Worlds, quand on sait d'avance qu'une équipe coréenne va gagner ? Les équipes LCK ont remporté les quatre derniers titres mondiaux (trois fois par SKT et une fois pour Samsung). Cette domination ne va-t-elle pas tuer la compétition sur League of Legends ? Les spectateurs ne vont-ils pas se désintéresser d'un jeu dont ils connaissent déjà le vainqueur ? On dit communément que Faker a fini le jeu, mais ne l'a t-il pas tué ? Ce sont des questions que nous sommes en droit de nous poser. Mais plutôt que de fustiger la domination d'une région, ne faudrait-il pas nous intéresser au niveau de jeu proposé par ses adversaires ? Car c'est bien la piètre opposition proposée par les autres ligues qui doit être questionnée.

Faker, king or god  ?

Les autres régions incapables de « step up »

En effet, on n'a jamais vu un niveau de jeu aussi bas chez la concurrence. G2 eSports, pourtant premier seed européen, s'est faite balayer lors de la phase de groupe, terminant avec un bilan famélique de cinq défaites pour une victoire. Pire même, elle finissait derrière une équipe Wildcards, les Albus Nox Luna, révélation de cette compétition. TSM ne faisait pas mieux, elle qu'on attendait au moins en quart de finale voire même en demi. Éliminée au profit de RNG, qui a eu l'intelligence de la battre lors de leurs confrontations directes, elle repartait à la maison. Parlons des équipes chinoises justement. Bien qu'elles aient tout de même atteint les quarts, le niveau de jeu qu'elles ont proposé n'a pas été des plus transcendants. RNG s'est qualifiée de justesse derrière Samsung, en étant pourtant à égalité de points avec TSM. Quant à EDG, elle finissait aussi deuxième de son groupe, derrière H2K, en s'étant même fait battre par les Wildcards Intz eSports. Autant dire que l'on attendait autre chose de ces équipes. Mais plus que ces individualités, ce sont les régions, autres que la Corée, qui sont en question. Les teams les plus populaires en Europe, comme Fnatic ou Origen, n'ont pas su se qualifier pour les Worlds, rongées par leurs problèmes internes. Immortals, qui a dominé la saison régulière en NA, est également restée à quai. Les équipes chinoises, qui savent pourtant attirer les meilleurs joueurs coréens, comme Mata, Easyhoon, Deft ou Marin, n'arrivent pas à reproduire les performances de leurs homologues de LCK. Nous ne parlerons même pas des équipes de LMS qui semblent s'endormir littéralement durant le mid game d'une partie. Tout cela pour dire que si l'on n'apporte pas des solutions rapides, l'avenir compétitif de League of Legends va s'assombrir. Mais quelles peuvent être ces solutions ?

Les solutions : le collectif et le staff

En Occident, nous avons une philosophie individualiste, que l’on retrouve chez nos joueurs. On voit généralement une équipe avec un joueur star qui va écraser ces coéquipiers, imposer sa vision du jeu et désapprouver le coach à chaque fois. Cette mentalité est visible avec Dardoch dans le document « Breaking Point » de Team Liquid ou dans les tweets récents de Forg1ven ou Febiven. Il est très rare de voir une équipe occidentale construire un collectif ou une confiance envers un coach avec des joueurs stars en son sein. Les seuls exemples pourraient être Fnatic en Saison 5 ou TSM cette année. Quand on observe une équipe comme ROX ou SKT, on sent une confiance envers le coach et un respect entre chaque joueur. Quand le coach parle, on l’écoute, on ne critique pas ses coéquipiers après une game, c’est l’équipe qui a perdu. Et Il ne faut surtout pas prendre l’équation à l’envers, c’est parce qu’ils réunissent ces deux conditions que ces équipes font parties des meilleures du monde. C’était le cas pour Fnatic l’année dernière.

Des exemples à suivre ?

Mais pour que les joueurs occidentaux écoutent leur coach, il faut qu’il montre sa valeur, qu’il s’affirme et guide correctement les joueurs. Nous avons de nombreux talents qui n’ont rien à envier à des joueurs coréens. De meilleurs analystes et de meilleurs coaches pour les guider leur permettraient de devenir tout aussi dangereux que leurs homologues asiatiques. Pousser les joueurs à écouter un mauvais coach créera forcément un désintérêt. À la manière des Coréens, une professionnalisation de ces positions est nécessaire, ne plus voir le coaching ou l’analyse comme quelque chose de secondaire. Le vrai problème reste alors de beaucoup plus professionnaliser l’eSport en Occident. Si en Corée il est tout à fait normal d'être joueur pro, les préjugés sont encore forts en Occident. Nos joueurs ont abandonné leurs études pour jouer, la nécessité d’avoir un staff professionnel qui les rassure et les aide à devenir meilleur est très importante pour eux. Ils n’accepteront pas n’importe qui pour les guider. Faut-il attendre que nos légendes deviennent des coachs ? Ou que des professionnels extérieurs à l’eSport entrent dans le milieu ? La question reste ouverte et la réponse dépend de chaque individu et équipe.

 

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3 commentaires

lecidcampeador
lecidcampeador - 12/11/2016 14h51

Très bon article!! Juste une petite correction, Samsung a stomp les C9 3-0 en quart et non les Albus Nox ;)

Arghentur
Arghentur - 12/11/2016 14h55

"Quant aux joueurs Samsung, ils s'occupaient de briser les espoirs russes d'Albus Nox" : En quart les samsung douchent les espoirs américains de C9 et non des Russes.
Sinon très bon article, peut être que les joueurs occidentaux s'effondrent mentalement en compétition aussi c'est l'effet que ça donnait.

Wicket
Wicket - 12/11/2016 22h51

Navré pour l'erreur qui s'est glissée dans cet article, elle vient d'être rectifiée.

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