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07 août 2014 - Mandark Divers

The Last of Us Remastered : on the road again !

The Last of Us Remastered : on the road again !

Amie lectrice, ami lecteur, je ne pense pas que je vais te faire l'affront de te présenter The Last of Us, mais sache, ôkazou tu aurais passé les 24 derniers mois loin là-bas dans la pampa, que dans ce jeu sont narrées les (més)aventures d'Ellie et Joel, deux survivants d'un futur proche où la civilisation telle qu'on la connaît a disparu, l'espèce humaine ayant été en grande partie rayée de la carte suite à la prolifération subite d'une forme particulièrement létale de bolet.

Voilà pour les grandes lignes, et ne compte pas sur moi pour t'en dire plus sur l'intrigue, car si tu n'as jamais joué à The Last of Us, je ne pourrai que te gâcher le plaisir de découvrir un des meilleurs scénars jamais écrit pour un jeu vidéo (and now a major motion picture ! Sans déc' ! J'ai un peu les foies – oui oui, la série de films Resident Evil, c'est à toi que je cause – mais c'est Sam « Evil Dead » Raimi qui produit et Neil Druckmann, le scénariste et co-game-directeur du jeu, qui est à l'écriture, alors qui sait ?).

En fait, à ce degré de maîtrise narrative, il n'y a guère que les frères Houser pour atteindre ce niveau d'excellence, et c'est en très grande partie ce qui fait de The Last of Us un soft d'exception, car toute la puissance d'évocation des visuels du jeu, ainsi que la pertinence de son gameplay, découlent de la force de sa narration.

The Best of Them

Ainsi donc, The Last of Us raconte une sale histoire, et le fait sans tricher. La séquence d'ouverture « coup de poing » du jeu est d'ailleurs un modèle d'exposition à étudier dans les écoles, à la fois pour ce qui est de planter le décor mais aussi et surtout de prévenir le joueur qu'il embarque pour un trip intense où aucun cadeau ne sera fait, ni aux protagonistes, ni à lui. Et le temps que l'on ait fini d'encaisser le premier uppercut, la réalité d'un monde en pleine déréliction paraît totalement tangible, palpable, principalement grâce à des personnages formidablement écrits et interprétés (amie lectrice, ami lecteur, par pitié et pour une fois, assieds-toi sur la V.F.), luttant non seulement pour survivre mais aussi pour ne pas perdre ce qu'il leur reste d'humanité dans un quotidien où il n'y a plus de règles et où l'Homme est devenu un loup pour l'Homme.

La suite est un véritable grand huit émotionnel, sublimé par un game-design faisant constamment écho à cette fragilité humaine, et la lente progression d'Ellie et Joel à travers les vestiges d'une Amérique retournant de plus en plus à l'état sauvage va confronter le joueur à un sentiment pas si souvent suscité par le jeu vidéo, le sentiment d'attachement.

Et je parle là d'empathie profonde irrémédiablement liée à la peur de perdre l'autre ! On pense, entre autres et bien entendu, à des références incontournables, comme le magistral Ico – pour la relation/interaction entre Ellie et Joel - ou les comics et la série The Walking Dead – pour le côté « n'importe quoi peut arriver n'importe quand à n'importe qui, et personne n'est à l'abri » – et on a raison (ces références sont d'ailleurs totalement assumées par Neil Druckmann et son compère Bruce Straley, tous deux à l'origine du jeu) !

Mais rarement avant The Last of Us une narration « interactive » n'avait été aussi loin pour rendre compte de tout ce que notre nature « d'animal intelligent » recèle de complexité, et par là même faire de The Last of Us un road-game (si je puis me permettre cette analogie avec le terme road-movie) et une expérience unique en son genre dont, pour reprendre une expression tarte-à-la-crème, on ne ressort pas indemne.


Joel et Ellie : le quotidien la peur au ventre

Et quand je disais que le gameplay est au diapason de toute cette finesse d'étude du comportement d'une nature humaine luttant pour préserver, peut-être bien de façon illusoire, les fragiles acquis d'une poignée de siècles d'évolution, c'est qu'il est lui aussi pour le moins rugueux, puisqu'entièrement axé autour de la notion de survie, avec une emphase certaine pour le crafting, car pour se soigner et se protéger il faudra faire avec ce qu'on trouve.

Dans The Last of Us, il faut parfois avancer accroupi et à pas de loup, la peur au ventre. Puis parfois, il faut détaler comme un lapin ne sachant pas vraiment où on va aller, du moment que l'on met le plus de distance entre soi and what the eff is behind ! Et quand il n'y a pas le choix, il faut tuer, salement. Très salement même.

Donner la mort n'est jamais agréable dans The Last of Us. C'est viscéralement déplaisant à regarder car montré sans fard, sans gloire et sans héroïsme. C'est tuer ou être tué, et quand on est à court de son chiche stock de munitions, il faut alors bien se débrouiller avec autre chose, de contondant, de perçant, de déchirant, de rouillé...

Bon, je pourrais continuer comme ça des heures, mais on me dit que je n'ai plus droit qu'à quelques lignes (après, c'est moi qui paie !), alors ami-eu lecteurice, je ne t'encouragerai jamais assez à mettre la main sur cette pépite si ce n'est déjà fait, et ce quel que soit le support.

Et puisque justement on en cause, du support, intéressons-nous maintenant à la vraie question du jour : cette édition PS4 vaut-elle que l'on craque son porte-monnaie ?

Last but not least!

Commençons par évaluer les différences avec sa grande sœur. Le jeu est maintenant en 1080p et tourne à un taux de rafraîchissement solide de 60 ips, ce qui lui donne parfois un côté « téléfilm » lors des cinématiques, mais – ce qui ne manque pas d'une certaine ironie – il est possible de le faire redescendre à 30 ips, et là c'est nickel-chrome. De déjà superbe il y a un an, il devient juste magnifique aujourd'hui grâce aux capacités d'une PS4 affichant des détails et une profondeur de champ inédits, et un paramétrage encore plus poussé des options audio permet une spatialisation du son aux petits oignons, pour peu que l'on ait le matos pour flatter ses esgourdes (et j'en profite pour préciser au passage que même sans interférer avec les réglages de base, le son dépote beaucoup plus que sur la version PS3).

En qui avoir confiance quand tout ce qui compte est de survivre un jour de plus ?

Pour ce qui est des ajouts, tu trouveras un mode de difficulté supplémentaire « tendance hardcore » accessible dès le départ, l'excellent The Last of Us: Left Behind qui rallonge de quelques bonnes heures l'aventure solo en plus de porter un éclairage intéressant sur certains personnages, l'accès au non moins excellent making-of titré « Grounded » ainsi qu'à la superbe bande originale de Gustavo Santaollala, les commentaires audio du directeur créatif et du directeur de casting pendant les cinématiques, et tous les DLC sortis pour le fabuleux (oui oui, c'est juste de la boulette) mode multijoueurs du jeu.

Pas de défaut alors ? La note max, cash ? Eh ben non hélas, car subsiste encore le même petit couac qui venait parfois déjà avant (heureusement vraiment pas souvent) sortir le joueur de son immersion : l'intelligence artificielle des personnages entrant de temps à autre en mode Aldo Maccione alors que la plus grande discrétion est requise, et qu'en plus ça n'a même pas l'air d'affecter les vilains desquels il faut rester caché ! Encore une fois, c'est une goutte d'eau saumâtre insignifiante dans un océan de quasi-perfection, mais fallait bien en parler, pas vrai ?

Conclusion

Toujours aussi poignant, peut-être même encore plus quand on connait déjà le chemin de croix que vont devoir suivre les non-héros de cette formidable aventure, The Last of Us version Remastered est un must-play pour toutes celles et tous ceux qui n'avaient pas encore joué au jeu faute de PS3 sous la main (je rappelle ici qu'un bon tiers des possesseurs de PS4 de par le globe ne possédait pas de PS3 auparavant).

Et quant à celles et ceux qui connaissent déjà, soit – comme mézigue – le plaisir de la redécouverte en « plus HD que la HD » (car c'était déjà en HD avant, on est d'accord ?) avec tous les add-ons de l'année passée en sus, et ce même si on avait déjà casqué pour les avoir, ce qui est le cas de votre serviteur, suffira amplement à remplir nos z'oeils d'une myriade de petites étoiles scintillantes au point de ne pas se pourrir le rerun avec des considérations aussi futiles (après tout, je pourrais ne pas avoir de PS4, s'pas ?), soit tu ne vois pas l'intérêt de remettre le couvert parce que pour toi une fois suffit amplement (ou parce que, à l'inverse, tu l'as tellement retourné sur PS3 que là tu satures) ou parce qu'un emballage un peu plus soigné ne justifie pas la dépense, et dans ce cas-là, sois rassuré(e) : tu as déjà tout gagné puisque la version d'origine reste une tuerie absolue !

Dans tous les cas, il est, reste, et restera – avec Silent Hill 2, le trop mésestimé Spec Ops: The Line ou la quasi-intégralité de la production Rockstar – un des seuls titres à vraiment amorcer le passage du jeu vidéo de l'adolescence vers l'âge adulte, « en termes de média narratif qui compte ».

Et, oui : au passage, il faudra forcément y perdre son innocence.

 

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