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13 juil. 2016 - ZeManiaK Divers

Tokyo Mirage Sessions #FE : un Persona-like très sympathique.

Tokyo Mirage Sessions #FE : un Persona-like très sympathique.

Lors de l'annonce d'un cross-over entre les licences Fire Emblem et Shin Megami Tensei, la stupeur a fait rapidement place à la joie, puis à l'incertitude : comment faire cohabiter deux licences si différentes dans leurs gameplays, leurs thématiques, et même leurs esthétiques. Ce nouveau RPG sur Wii U, Tokyo Mirage Sessions #FE, est la réponse des petits gars d'Atlus et d'Intelligent Systems. Mais s'il y a Fire Emblem en hashtag dans le titre, ne vous y trompez pas : on a ici un Persona-like assumé. Ou Persona-light, c'est selon.

 

Fire Emblem x Shin Megami Tensei + la J-Pop - Kamen Rider = LE JAPON, MA GUEULE !

Il faut donc commencer d'emblée par ce constat si on veut faire un test honnête de Tokyo Mirage Sessions : le #FE est plutôt là pour décorer, parce qu'on a affaire ici à un jeu dont le gameplay est fortement inspiré de la série Persona. Pas de Tactical-RPG donc, mais un Dungeon-RPG qui prend Tokyo pour cadre. Dans un monde (à prononcer de manière grave) où l'industrie du divertissement a manifestement plus de poids que la police, l'armée et l'éducation nationale confondue, vous incarnez Itsuki Aoi, protagoniste pas très versé dans le chant ou la comédie, mais qui s'avère être le meilleur ami de Tsubasa Oribe, la jolie gourde de service au grand coeur et future idol qui est victime d'une attaque de Mirages. Ces derniers servent à la fois de Persona et de Shadows : la plupart veulent votre Performa, votre énergie vitale/désir de vivre et il faudra les combattre, voire les empêcher de posséder des gens. Mais certains s'avèreront vos alliés, et seront en fait des personnages des différents jeux Fire Emblem (Chrom, Tarja, Caeda, Cain...) qui permettront à vos personnages de se fringuer comme les super-héros les plus branchés qui soient, et aussi de faire de la magie. Comme ça, au calme. Ces deux amis vont se retrouver au sein de l'entreprise Fortuna, qui regroupe des « Mirage Masters » comme eux et veulent trouver la source de ces attaques, ce qui constituera la quête principale du jeu. Le scénario de Tokyo Mirage Sessions n'est clairement pas sa force : l'accent est mis sur le gameplay, et la japoniaiserie assumée du jeu rebutera les infidèles. C'est un jeu de niche, tant et si bien que le jeu n'est disponible qu'en langue anglaise avec les voix japonaises. Bémol par contre : les petits dialogues en plein combat des personnages ne sont pas traduits, c'est dommage.

La ville de Tokyo et ses quartiers historiques, Shibuya en tête, sert de hub, avec quêtes annexes et boutiques à la clé, pour accéder aux Isolasphères, les donjons du jeu, qui comme dans les Persona sont intimement liés aux boss qui les occupent. Il faut d'ailleurs mettre en avant ces donjons, pour la plupart très bien conçus et avec une identité graphique travaillée : des donjons plaisants à traverser, c'est assez rare pour être signalé, surtout quand ils vous forcent à réfléchir. Devoir se plier aux ordres d'un réalisateur pour progresser dans un donjon magnifique comme un maison traditionnelle japonaise, se servir des manches d'un mannequin pour atteindre une plate-forme : ces donjons traduisent bien la folie inhérente du jeu. Les dialogues, eux, sont corrects, et les personnages, s'ils sont des archétypes assez classiques, sont plutôt sympathiques, jamais prise de tête. Le jeu est aussi rempli de clins d'œils à la culture pop japonaise (émissions de cuisine avec des idols, Kamen Rider qui devient Masqueraider, la J-Pop évidemment), qui ajoutent au caractère acidulé du soft. Cependant, avant le chapitre 6, le lien du jeu avec Fire Emblem se limite à des caméos et des références musicales : dommage, vu le nom sur la boîte.

 

Bien sur, cette photo ultra clichée ne représente pas la vision du Japon donnée par le jeu... qui est bien pire !

 

 

Reach out to the Truth

Les habitués de la licence Shin Megami Tensei seront tout de suite chez eux : on se bat avec une équipe de trois personnages, pouvant switcher avec les remplaçants à volonté (sauf pour le héros et certains personnages devant rester au combat dans certaines quêtes), et il faut profiter des faiblesses élémentaires des ennemis pour les enchainer, tout en évitant de subir le même traitement. Puisque chaque membre de l'équipe a ses propres forces et vulnérabilités, il faudra réfléchir à l'ordre des attaques et faire preuve d'un peu de stratégie. Rien d'horrible cela dit, même en difficile le jeu est accessible, certains boss risquent de venir à bout de votre équipe quelques fois avant de comprendre leur pattern.

Il faut dire que le jeu propose un gameplay complexe sans être compliqué, qui se révèle encore à vous après 25 heures de jeu : il est non seulement possible d'acheter des objets comme des potions, des consommables, mais aussi des armures et des costumes supplémentaires (en plus des DLC). De plus, il faut dans cet opus « forger » ses armes à partir du loot trouvé dans les donjons ou sur les ennemis : une phase obligatoire car ce sont les armes, qui une fois maîtrisées offrent de nouvelles caractéristiques (actives ou passives) et des combos aux personnages. Rajoutez à cela les autres capacités déblocables avec des quêtes annexes spécifiques à un personnage (ou Kizuna Quests), ou bien celles qui s'obtiennent en montent les niveaux de « stage » de vos héros (un système parallèle aux niveaux habituels), et vous avez de quoi grinder pendant des heures. On retrouve avec Tokyo Mirage Sessions le bonheur de passer des heures à développer ses personnages juste pour le plaisir, et les heures défilent sans qu'on s'en rende compte. Une sensation longtemps absente de nombre de J-RPG ces dernières années.

Bonjour, je suis le tank de l'équipe, et ma crédibilité est TOTALE !

A beautiful lie

Mensonge sur la marchandise : cet enfant de Fire Emblem et Shin Megami Tensei tient beaucoup de la licence dont il ne porte pas le nom. Pour autant, et malgré son emballage « kawaii », le jeu ne se réduit pas à de la musique superficielle ou à un bon système de combat.  Le côté Persona-like est très présent, le character-design hors de contrôle tant pour les personnages que pour les monstres, on enchaine les chansons et les performances d'acteur sur tout et n'importe quoi, bref c'est n'importe quoi. Mais plus encore, c'est mémorable, et ce qui n'apparaissait de prime abord comme un filler, un jeu bouche-trou en attendant le prochain triple A, s'avère être de plus en plus appréciable au fur et à mesure qu'on y joue. Difficile de ne pas trouver le jeu ultra-sympathique, car malgré ses quelques défauts, il s'avère être un très bon atout à la collection de jeu de la Wii U.

 

Tokyo Mirage Sessions : un cross-over réussi 810Points positifs
  • Un système de combat et de progression très intéressant, qui vous tiendra en haleine
  • Des personnages et un character-design bien pensés
  • Des très bons (et beaux) donjons, jamais lassants
  • Beaucoup de contenu, même si l'intérêt des side-quests est très variable
Points négatifs
  • Un scénario en dessous des Persona classiques
  • Contrairement à ce que dit le titre, très peu de Fire Emblem, du moins avant la fin
  • Des musiques sympathiques, mais là aussi en dessous des Persona habituels
  • Les allergiques au Japon ne s'y mettront pas avec ce titre

Tokyo Mirage Sessions #FE ne révolutionne rien mais il est diablement efficace : c'est un titre accrocheur qui fera plus que contenter les Japanfags (dont je fais partie) jusqu'à la sortie du Graal Persona 5. C'est un jeu dont on risque de se souvenir pendant quelques années, et qui est un des meilleurs J-RPG de la génération actuelle. Espérons que ce soit le premier d'une longue série de jeu de qualités venus du Japon... même si on aura probablement moins de chansons dans les jeux qui viendront.

 

 

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