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06 juil. 2018 - Hatnuz League of Legends

Une méta tueuse de stars ?

Une méta tueuse de stars ?

Une équipe SKT remaniée, Cloud9 qui renouvelle ses cadres, Rekkles débarqué au profit d’une line-up à double toplaner, la compétition connaît actuellement sa plus grande révolution depuis les débuts des LCS. Plus que la stratégie, c’est l’essence même du concept d’équipe qui est mise à l’épreuve par cette incroyable méta anti-ADC qui divise le public et force les coachs, dans leur perpétuelle optimisation de draft, à écarter les ADC les plus côtés de la planète.

À quel moment est-ce parti en sucette ?

Comment en est-on arrivé là ? Il est toujours intéressant de se pencher sur les raisons d’un changement de méta, débroussailler le schmilblick afin de comprendre le pourquoi du comment. C’est donc naturellement que l’on se pose la question des raisons qui poussent à redéfinir des standards et des normes que l’on pensait inamovibles. Pourtant, même aujourd’hui tout cela reste relativement flou, sans doute le fruit de plusieurs changements simultanés, mais dont il est impossible de dire quelle est la part d’émulation. Qui a copié qui ? Qui a commencé ?
 

La première draft du premier match de l'été fut un bon présage de la suite des événements...
Crédits : Lolesports

 

Ces questions, qui peuvent sembler dérisoires et futiles, prennent du sens quand elles amènent à des conséquences comme la mise à l’écart stratégique (effectuant ainsi un excellent lien avec un article précédent sur le statut de remplaçant) d’un joueur comme Rekkles, considéré par beaucoup comme le meilleur joueur européen depuis Yellowstar. On l’aime ou on la déteste, mais cette situation a quand même son lot de parties chaotiques, peu (voire pas) maîtrisé par les équipes qui ne sont pas au top et finalement d’autres formations qui, elles, continuent de jouer un style très classique qui fonctionne à merveille.
 

Côté Nord-Américain, les vrais ADCs conservent la majorité, mais la fiesta se passe plutôt au niveau de la midlane, avec pas moins de 18 picks uniques (sur 60).
Crédits : Gamesoflegends.com

 

Prétendre à une analyse complète d’un phénomène aussi ample que celui que nous vivons actuellement est utopique, mais au moins nous pouvons jeter un coup d’œil aux réponses données par différentes équipes dans plusieurs régions majeures. Qu’elles soient maladroites, décriées, suicidaires ou avant-gardistes n’est pas le sujet et nous nous en tiendrons aux résultats à court terme.

Quelles réponses de la part des équipes ?

Les premières réactions tombèrent peu après les premiers matchs du Summer Split, SKT s’empressant de remplacer Faker, Bang et Wolf, suivie par Cloud9 qui débarque Jensen, Sneaky et Smoothie au profit de leur équipe de C9 Academy. Ces deux choix sont relativement flous à analyser car ils ne sont peut-être pas causés (uniquement) par le changement de méta. Puisque nous ignorons les raisons de ces changements, nous devons nous reposer sur les résultats – calamiteux – de ces deux formations. Entre temps, certains cadres ont retrouvé leur place mais cette situation reste très opaque. Le changement de méta est-il une cause directe de l’état de crise qui habite SKT et C9, ou bien le problème se situe-t-il autre part ? La petite révolution qui pousse le midlaner sur une autre voie et le jungler vers d’autres rôles est-elle compatible avec des joueurs à fort égo ? Une chose est sure, l’importance et les choix du coach ont été décuplés, de même que les stratégies possibles lors de la draft. Quitte à faire des choix engagés.
 

Après un départ pour le moins catastrophique, les retours de Faker et Bang ont permis
à l'équipe de sortir la tête hors de l'eau. 

 

Dylan Falco n’a pas attendu longtemps avant de le faire, son choix engagé. Après avoir brièvement tenté des compositions centrées autour de Rekkles au mid, Fnatic a affiché clairement ses intentions dès la deuxième semaine en mettant la star suédoise sur le banc et en titularisant Bwipo aux côtés de Hylissang. Depuis, l’équipe joue pleinement la carte des Vladimir, Swain ou Mundo bot avec une certaine réussite.
 

« Eh Bwip’, tu sais ce qui est orange et qui attend ?
- Non, coach, c’est quoi ?
- Rekkles ! »

Crédits : Riot Games (pour la photo...)
 

Glissons enfin un petit mot pour ceux qui ont parfaitement négocié les nouveaux enjeux de la méta. Des formations comme G2 ou Misfits profitent en effet pleinement de ces stratégies centrées autour d’un joueur en particulier, avec à la clé non seulement une victoire, mais aussi du spectacle. Côté coréen, Griffin est la bonne surprise de début de compétition. Cinq inconnus jouant crânement leur chance, rendant pour l'instant hommage à ce que Rox Tigers avait pu faire en 2015.

Quel impact sur la compétition ?

Vivement critiquée par la communauté, la méta a cependant trouvé ses défenseurs : des joueurs professionnels eux-mêmes. Ceux-ci en apprécient la fraîcheur et les nouvelles possibilités. Et c’est vrai qu’en voyant les joueurs s’essayer à de nouveaux objets, de nouveaux personnages et de nouvelles lanes, on imagine qu’ils doivent au moins apprécier le changement de décor. Et qui d’autre que le grand Huni pour illustrer ces joueurs qui partent littéralement en voyage parmi les postes disponibles ?
 

Accompagné par son midlaner Dardoch (sans rire), réduit au rang de familier, 
Huni amasse une quantité astronomique de ressources en raflant la jungle et la midlane.
Crédits : Lolesports

 

Ce n’est un secret pour personne que Huni canalise une grande partie des ressources de son équipe. Sachant cela, en prenant en compte les nouvelles possibilités stratégiques offertes par la méta, Echo Fox a tout simplement décidé qu’Huni irait là où il a les meilleures possibilités d’amasser de l'or. On l’a donc vu gambader au mid avec sa Irelia, dans la jungle avec Taliyah, au bot avec Yasuo, pour enfin revenir tout récemment à sa voie d’origine avec Renekton. Ce que l’on remarque, c’est que ces stratégies sont loin d’être atypiques pour cette méta. En revanche, l’aspect (H)unique de sa mise en pratique réside dans le fait que ce soit le même joueur qui fait tout ! Avec comme conséquence logique une très faible capacité à cacher son jeu côté Echo Fox. Or, déjà au printemps, on pouvait voir très clairement la stratégie de l’équipe et cela lui a fait défaut en Playoffs.
 

Dans l'ombre de la star de son équipe, Altec détient peut-être les clés d'accès aux Worlds pour Echo Fox.
Crédits : Riot Games

 

À noter que lors du dernier match, Altec a enfin pu prendre ses responsabilités sur un Lucian et a notamment gratifié la salle d’un pentakill. Ce coup d’éclat sera-t-il suffisant pour permettre à Fox de sortir de sa Huni-dépendance ?
 

Comme on le voit avec ces différentes équipes, on répond différemment – et pas toujours avec les mêmes résultats – à cette extravagante méta qui a au moins le mérite d’être plus flexible, plus joueuse et avec un spectacle presque toujours garanti (qui a parlé de funneling ?). Il s'agit maintenant de voir si, à plus long terme, cette situation ne créera pas plus de problèmes qu'elle n'en résout. N'hésitez pas à faire part de vos idées et de vos avis sur cette méta, assurément la plus folle depuis la création du jeu !

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