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10 déc. 2014 - Polowo League of Legends

Unicorns Of Love : my horse is amazing

Unicorns Of Love : my horse is amazing

La saison 2015 est encore loin et l’une des équipes fraîchement qualifiées pour les LCS EU a fait une entrée fracassante dans la sphère compétitive internationale : les Unicorns Of Love. Mais pourquoi en parle-t-on autant ? Et d’abord, c’est qui ? La redditosphère est en ébullition et partout on entend murmurer le nom « M5 »... Retour sur une équipe atypique.

Mais ils sortent d’où eux ?

Formés en 2013, le nom Unicorns Of Love vous dit quelque chose mais vous n’arrivez pas à mettre le doigt dessus ? Vous les avez sûrement déjà repérés sans trop y faire attention : ce sont des habitués du top 10 du ladder Challenger 5c5 en EUW qu’ils côtoient depuis plusieurs mois déjà. Ayant déjà participé 2 fois aux Challenger Series, ils se qualifient in extremis après un tie-breaker pour déterminer la dernière place aux Challenger Series Summer, avec seulement 3 points durant la saison. Créant la surprise, ils terminent troisième et gagnent ainsi le droit de disputer une place aux LCS contre les Millenium, équipe sortante des LCS (6e place sur 8). Trompant encore une fois les pronostics, ils battent de justesse les Millenium 3 manches à 2 lors d’un Bo5 et se qualifient ainsi pour les LCS ! Vous l’aurez compris, les Unicorns Of Love, bien qu’ayant gratté bec et ongle une place aux LCS, étaient loin d’être favoris des IEM San José, après avoir obtenu une place par fan vote.

La demi-finale de l’année : TSM vs Unicorns Of Love

Les Unicorns Of Love passent donc les quarts de finale contre Lyon Gaming 2-0, une équipe latino-américaine, mais peinent encore une fois à être décisifs. Ils se sont qualifiés via le fan vote qui leur a été accordé grâce à des styles de jeu et des picks peu conventionnels.

Game 1 : le jour où Twisted Fate jungle ramassa la tête des TSM

Vous avez bien lu. Twisted Fate. Jungle. Le nouveau jungler des UoL, recruté en septembre, prend totalement à revers la composition des TSM, en permettant notamment à PowerOfEvil, le midlaner, de détruire littéralement Bjergsen dans un matchup Leblanc vs Xerath. Non content de prendre les TSM à contrepoint, il va constamment prouver son utilité avec son clean rapide à l'aide du Dévoreur et en créant une pression énorme sur les objectifs. Les TSM sont totalement perdus et leur leader Bjergsen est éparpillé aux quatre vents. Victoire écrasante sur tous les fronts des UoL : Dyrus est mis au fond par Vizicsacsi au top (prononcez Vizichassi), Kikis au TF jungle, est plus que convaincant là où Santorin, le nouveau jungler de TSM est absent avec Pantheon. Même tableau en botlane, où Vardaags, l’AD carry et Hylissang le support infligent une pression constante sur Wildturtle et Lusboy, l’une des meilleures botlanes des LCS NA.

Sans rentrer plus dans les détails, la deuxième manche prend vite la même direction même si la victoire est moins écrasante. On notera un Azir de la part de Bjergsen qui n’arrivera pas à atteindre ses objectifs sans être inutile, et un certain manque de vision des UoL qui céderont pas moins de 4 dragons aux TSM avant de gagner.


Hai et Sneaky ont eu l'occasion de voir le marteau de Vizicsacsi de très près

Unicorns Of Love : feu de paille ou feu de forêt ?

La finale nous a présenté une image différente des UoL cependant, et contre une équipe C9 plus stratégique et calculatrice que les TSM, les UoL n’ont pas pu renouveler l’exploit de la veille, s’inclinant 0-3 après trois manches âprement disputées. S’ils n’ont pas pu concrétiser, ils ont cependant su montrer un niveau de jeu qui n’est pas à sous-estimer. Leur défaite est principalement dûe à leur manque d’expérience à un tel niveau : beaucoup de petites erreurs qui leurs ont été fatales, et globalement de moins bonnes rotations et un contrôle des objectifs trop approximatif. De l’autre côté, leurs picks hors du commun (Poppy et Hecarim top, Twisted Fate jungle), leur créativité et leur niveau de jeu individuel tout simplement monstrueux laissent présager un futur Spring Split pour le moins explosif en EUW. Les luttes de pouvoir incestueuses entre Alliance et une équipe Fnatic désormais tronquée laissent la place à du sang neuf avec UoL et une équipe Gambit rafraîchie.

L’avis de la rédaction

Le point fort des Unicorns Of Love réside dans leur jeu individuel génial. Beaucoup attendaient l’avènement d’un nouveau toplaner de talent avec la perte de vitesse de sOAZ et les performances en dents de scie de Wickd, les deux stars européennes. Aucun n’a su vraiment imposer sa domination mais avec Vizicsacsi, les choses vont changer. Quel que soit son pick (Poppy, Hecarim, Gnar…), loin de se cantonner à un rôle de second plan avec un tank à la Maokai ou un personnage comme Rumble, très binaire, il rythme la partie et ne laisse pas de place à l’erreur en teamfight. Les autres joueurs sont loin d’être en reste : PowerOfEvil, le midlaner, a détruit le monstre Bjergsen et a appliqué une pression constante sur ses vis-à-vis, toujours à l’affût d’une élimination à gratter. De même, Vardaags a outfarm ses opposants durant quasiment tout le tournoi et son positionnement est presque sans faute. Enfin, gare aux picks de Kikis le jungler, qui ne recule devant rien.


Vardaags, la rage de vaincre

Pourquoi Unicorns Of Love ne sont pas M5

Et pourquoi on ne verra plus jamais une équipe comme M5. Petit rappel : lorsque les M5 apparaissent pour la première fois, ils sortent du brouillard et fracassent tous leurs adversaires sans pitié durant plusieurs mois sans faillir. Ils vont jusqu’à révolutionner la metagame dans ses fondements et créent de nouveaux picks qui sont encore aujourd’hui à l’ordre du jour, plusieurs années après. Aujourd’hui, on imagine difficilement un même phénomène. Pourquoi ? Parce que le niveau global du League of Legends compétitif est singulièrement plus élevé. Les équipes des LCS jouent aisément 10h par jour (dont 6 à 8h d'entraînement intensif et méthodique), 6 jours par semaine. Ils ont derrière eux un coach, un analyste, des kinésithérapeutes… L’esport est un business : chaque compétition vaut de l’argent, et les équipes doivent travailler très dur pour rester au top. C’est pourquoi une équipe, même composée des plus grands génies des mécaniques de jeu, ne pourra se hisser au niveau des LCS qu’après de longs mois d’entraînement au minimum. Il est impensable de voir une équipe quasi nouvelle arriver et battre tous ses adversaires : une fois peut être, deux avec de la chance. La troisième fois, la machine se met en marche et ils seront broyés par les machines que sont devenus les joueurs pro.

Cela étant dit, les UoL ne sont pas arrivés les mains dans les poches : ils ont travaillé dur, et si l’on peut encore leur reprocher de faire des erreurs, une saison de LCS aura tôt fait de les rôder, ou de les renvoyer sur le banc des semi-pros. Ils ont déjà prouvé qu’ils pouvaient soutenir la pression en battant les TSM sur le sol américain devant une foule de plusieurs milliers de leurs compatriotes. A eux maintenant de nous prouver que ce n’était pas de l’esbroufe !

Go, go les Licornes de l’Amour ! (avouez que c’est plus classe en français, tout de même.)


Je crois que les TSM ont un peu trop feed, là...

 

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2 commentaires

AudreyLaSapa
AudreyLaSapa - 10/12/2014 21h05

Sympa l'analyse! :D
Par contre vizicsacsi, ça se prononce pas "Vizichassi" mais "Vi-zi-tcha-tchi" ou tchatchi pour les intimes :)

TekTek
TekTek - 11/12/2014 10h21

des kinésithérapeutes...
Kappa

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