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08 mars 2016 - Perco Divers

Unravel : mauvaise à laine.

Unravel : mauvaise à laine.

Au collège, vous étiez amoureux de Sandrine Grouillard, de la 4e 2, ne niez pas, on vous a vu. Elle était si belle avec ses boucles dorées, son nez mutin et ses énormes… enfin bref, vous étiez accroc. Un jour vous avez pris votre courage à deux mains pour aller lui parler. Elle aimait les mini-poneys, les dauphins et les fraises Tagada. C’est à ce moment que vous avez pris conscience que l’on pouvait aimer quelque chose et vouloir lui mettre des coups de planche à clou en même temps.

Pelote-moi grand fou.


Débarrassons-nous de cela tout de suite : oui, Unravel est beau comme un camion. Pas juste mignonnet ou choupinou mais carrément magnifique. Les Suédois de Coldwood Interractive ont fouetté leurs graphistes jusqu’au sang pour obtenir un rendu oscillant entre photo-réalisme et onirisme dégoulinant. Le résultat est incroyable ; rendez-vous compte, on s’arrête pour regarder des cailloux ! Quelle que soit la note de ce test, je décerne immédiatement à Unravel l’award des plus beaux cailloux du jeu vidéo, ce sera déjà ça.

Voilà, ce jeu est un plateformer en 2,5D avec des cailloux incroyables, vous pouvez circuler.

 

 

Des détails ? C’est bien parce que c’est vous.
Vous incarnez Yarny, un diablotin 100% pur laine au design improbable, et vous baladez dans les souvenirs plus ou moins heureux d’une adorable grand-mère qui a sans doute terminé seconde au concours des grand-mères, juste derrière mamie Nova.
Durant une dizaine de niveaux bucoliques, vous dirigerez cette bestiole mutique dans des forêts scandinaves, des bords de mer gris et des monts enneigés.

 

 

Dans Nils Holgersson, Selma Lagerlöf montrait la Suède vue d’en haut, ici c’est la Suède vue d’en bas, au raz du sol.

C’est merveilleux le jeu vidéo, un coup vous êtes un barbare bi-classé spécialiste de la hache, un coup vous êtes l’inconscient d’une vielle dame.

Une maille à l’endroit, une maille à l’envers.

 

Saviez-vous que la campagne suédoise est pleine de pelotes de laine et de clous plantés ça et là ? Ça tombe plutôt bien pour notre cher Yarny, qui a la mauvaise idée de se détricoter au fur et à mesure qu’il avance. Cela lui permet certes d’utiliser son propre fil pour construire des ponts, se suspendre, tirer des objets mais limite son rayon d’action. Emmêlez trop le fil, ratez des pelotes de laine régénérantes et vous risquez de vous retrouver avec un Yarny épais comme un top model de la fashion week, incapable de faire un pas de plus.

 

 

La mécanique de gameplay est astucieuse, pas désagréable et permet des puzzles physiques avec le décor. Tant mieux, car hormis l’opposition avec quelques adversaires ponctuels (rongeurs, flaques d’eau, mouches…), ces puzzles seront votre seule activité durant 6 à 7 heures, et encore, à condition de chercher tous les petits secrets.

Athos, Pathos et Aramis.

Unravel vous regarde avec ses grands yeux plein de larmes, pose sa tête sur vos genoux et veut vous raconter une histoire triste. Pour vous conter cette balade au pays des sentiments, le jeu a commandé toute la panoplie : messages larmoyants sur le souvenir des choses simples, violons, ambiance mélo.

 

 

Coldwood Interactive voulait faire un Hayao Miyasaki, ils ont fait une pub Herta.
La randonnée avec Yarny se veut méditative, inspirante ; personnellement, au bout de trois niveaux, je pensais surtout à ma liste de courses.
Unravel ne dit rien, ou pas grand chose, il déroule (humour !) son ambiance douceâtre et son design en espérant agir comme une madeleine de Proust. On s’ennuie ferme passé les premiers environnements, même si on peut toujours s’arrêter regarder les cailloux.

Tissage comme une image.

Ça y est, j’ai commencé à dire du mal.

Dire du mal d’Unravel, c’est l’exact équivalent journalistique d’un gros coup de pied dans la tête d’un chaton. Il faut pourtant s’y coller.
Unravel est beau mais vide, plat, et c’est un problème. En effet, si le jeu était irréprochable dans son aspect plateformer, il serait plus facile de lui pardonner son discours en guimauve rose et sa relative absence d’âme, mais il est loin d’être parfait.

Les contrôles de Yarny sont mous comme un caramel laissé sur la banquette arrière, les puzzles n’offrent strictement aucune difficulté tout au long de la promenade et les acrobaties du héros laineux sont d’une imprécision telle qu’ils se révèlent votre seule véritable opposition.

 

 

Qu’est-ce qu’il reste ? Un jeu un peu mollasson, qui ne peut rien vous raconter de vraiment intéressant, ne présente aucun challenge, vous inonde de bons sentiments bien nappés de leur sauce sucrée mais chatouille votre rétine.
 

Il reste la Sandrine Grouillard du collège.

Unravel 610Points positifs
  • Beau.
  • Très beau.
  • Vraiment très beau.
  • Les mécaniques de Yarny.
Points négatifs
  • Difficulté adaptée à un enfant de 6 ans.
  • Larmoyant comme une émission de Jacques Pradel.
  • Les contrôles de Yarny.

Unravel n’est pas un mauvais jeu, surtout pour un studio connu jusque là pour d’obscurs jeux de ski. Il veut s’adresser à l’enfant qui est en vous mais en vous infantilisant. Jouez y avec vos enfants, profitez en pour discuter réellement de leurs souvenirs familiaux, admirez ensemble ses décors (surtout les cailloux, je l’ai déjà dit ?) et lancez XCOM2 pour retrouver du challenge.

 

 

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