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11 janv. 2017 - Scribble et Zehir StarCraft 2

WESG : une nouvelle ère ?

WESG : une nouvelle ère ?

Les Nations Wars ne vous ont pas rassasié en compétition internationale ? Le skill de nos Français vous manque déjà ? Alibaba a la solution à vos problèmes : les World Electronic Sports Games.

 

Il était une fois un Empire, non pas celui du Milieu, mais du web. Son nom, c’est Alibaba. Vous connaissez peut-être ce géant du web chinois, célèbre pour sa plateforme e-commerce en concurrence directe avec Amazon. Riche d’un portefeuille d’activités allant du commerce en ligne aux applis de paiement mobile en passant par les réseaux sociaux et les télécoms, Alibaba s’est, en tout juste quinze ans, forgé un véritable empire commercial avec 400 milliards de dollars de chiffre d’affaires en 2015.

 


Le siège du groupe Alibaba à Hangzhou, près de Shanghai.



Une entrée fracassante sur la scène esportive

L’essor de l’eSport n’a pas échappé à son patron, Jack Ma, qui a décidé d’investir pas moins de 150 millions de dollars dans le développement du sport électronique, par le biais de sa filiale AliSports (qui investit également massivement dans le rugby) et de la Fédération Internationale de l’eSport (IeSF).

En Chine, l’eSport est plus qu’un phénomène, c’est, pour les grandes entreprises chinoises à la visibilité bien limitée hors des frontières du pays, une réelle opportunité de se saisir d’un marché nouveau et de se faire une place de choix dans l’industrie internationale du divertissement.

Pour marquer le coup, Alibaba n’a pas lésiné sur les moyens et a souhaité faire des World Electronic Sports Games (WESG) le porte-étendard de sa nouvelle entreprise de mécénat en leur attribuant un budget de plus de 15 millions de dollars. Résultat, une cagnotte totale de 5,5 millions de dollars pour ce seul tournoi, dont la modique somme de 800 000$ ira aux vainqueurs du tournoi CS:GO comme de League of Legends, quand le champion du tournoi Starcraft ne devra se contenter « que » de 200 000$.  C’est l’occasion, pour ce grand nom du commerce en ligne de rivaliser avec un autre géant chinois, le groupe Tencent, propriétaire de Riot Games (LoL) mais aussi de Supercell, éditeur de jeux mobiles aux succès mondiaux tels que Clash Royale et Clash of Clans.
 


Une nouvelle ère, vraiment ?

Derrière le déballage de grands moyens, le géant chinois promet « une nouvelle ère ». Pour l’eSport chinois peut-être, mais pour Stacraft, ce n’est pas si sûr. Annoncés en début d’année 2016, les WESG devaient initialement conclure l’année compétitive de la plus belle des manières. Alors vendu comme du baume du tigre, le remède WESG a lentement perdu de sa vigueur. À mesure de l'érosion de la scène, précipitée par la fin de la ProLeague et la dissolution des principales équipes coréennes, le décalage entre l’argent mis en jeu dans ce tournoi et l’état d‘une scène à l'agonie s’est pourtant fait de plus en plus sentir. Un décalage d’autant plus palpable que le niveau des qualifications n’a pas toujours été à la hauteur des sommes en question (cf Stephano qui balaye le sud-africain Drager dans un match à sens unique pour empocher 12 000$). De quoi arracher à cette compétition passionnante sur le papier les principaux ingrédients de son succès auprès du public.

L’intention de remettre un format international équitable (pas vu depuis les WCS 2012, dont les participants avaient dû en passer par des qualifications nationales puis régionales) est néanmoins louable. Ce format permet en principe de réunir les meilleurs joueurs de chaque région, laissant, à l’instar des Nation Wars, une chance à des talents cachés de se révéler au grand jour.
 

Profitez des bonnes choses!

Même si l'on ne sait pas si les WESG nous apporteront d'autres tournois dans le futur, rien ne nous empêche de profiter du gros niveau qu'Alibaba nous offre en ce début d'année!

Bien que ce format semble le plus équitable car il permet à chaque région d'être représentée, il crée cependant une disparité très importante dans le niveau des joueurs. En effet, le vivier de talents coréens n'a pu envoyer que deux joueurs, TY et Maru qui font figure de grandissimes favoris après des qualifications coréennes au niveau très relevé. Cela laisse la place à 22 autres joueurs pour s'affronter, tenter de de faire mentir les pronostics, et éliminer les Coréens, ce qui semble à la portée de nombre d'entre eux.

La première marche à franchir est la phase de groupe, avec six joueurs dans chacun des quatre groupes, où tous les joueurs se rencontrent en BO3. Le format est le même que lors des qualifications par région, le premier de chaque groupe se retrouve directement en quart de finale alors que les deuxièmes et troisièmes s'affronteront en Ro12 où ils joueront pour une place en quart. Chaque carte jouée est donc extrêmement importante, comme l'ont démontré les finales européennes où Snute et Dayshi ont été éliminés à une carte près. Si certains groupes paraissent écrits à l'avance, d'autres sont très indécis tant les niveaux varient.


Les quatre groupes du World Electronic Sports Games (Souce: Liquipedia)
 

Qui pour battre les Coréens?

Un Français, et non des moindres, Stephano, évoluant pour les qualifications de ce tournoi sous le drapeau Tunisien l'a déjà fait par le passé et a hérité du groupe le moins relevé du tournoi. Le Français, multi-retraité, fait même figure de favori pour la première place dans un groupe où les adversaires sont Namshar, en manque de résultat ou DeMusliM, surprenant durant les WESG Europe, mais bien loin de son niveau d'antant. Ces trois-là devraient sortir du groupe A, à moins que le Terran chinois XY, porté par son public, ne crée la surprise. Les deux derniers joueurs font clairement office d'underdogs avec le Sud-Affricain Drager, battu 4-0 par Stephano pendant les qualifications Africaines et le Brésilien Erik, qui n'aura pu aider son pays à continuer les Nation Wars IV. 

Le groupe D semble également tout tracé avec un TY largement favori, lui qui a marché sur ses adversaires pendant les finales asiatiques, détruisant même en finale son compatriote Maru 3 à 0 – ce dernier le privera quelque semaines plus tard d'une place aux IEMS Gyeonggi dans l'ultime qualifier. Le protoss ShoWTimE devrait également s'en sortir, après une bonne saison 2016 conclue par un top 8 à la Blizzcon. ShoWTimE semble s'être bien adapté au dernier patch comme l'ont montré ses bons résultats aux Nation Wars. Khelazur lui, est plus discret ces derniers temps, mais a également réalisé une prestation prometteuse aux Nation Wars, prenant au passage une carte à INnoVation et paraît destiné à être le troisième homme de ce groupe. Tout reste possible pour les trois autres joueurs Jim, Cham et PSiArc qui devront faire leurs preuves s'ils souhaitent continuer l'aventure.

 


Scarlett, la joueuse en forme du moment !
 

Le groupe C est probablement le plus difficile à pronostiquer car les joueurs le composant ont récemment montré l'étendue de leur talent. Scarlett s'est qualifiée pour les phases de groupe de la GSL, Elazer a fini dans le carré final de la Blizzcon et Neeb a gagné la Kespa Cup. La surprise de la fin d'année 2016, iAsonu était le seul non Coréen qualifié pour les IEMS Gyeonggi, éliminant au passage TAiLS, Byul, Trap, Bunny et même Solar lors du tournoi. MajOr a également montré ce dont il était capable lors des Nation Wars, portant son équipe jusqu'aux quarts de finale. Ces cinq-là peuvent tous se qualifier, avec peut-être un léger avantage à Scarlett pour la première place, qui s'est défaite d'un Neeb en perte de vitesse par deux fois récemment, tandis qu'Elazer ainsi que iAsonu, porté par le pays le plus peuplé au monde, ont de bonnes chances de s'en sortir. Le dernier du groupe, Zerghamdi, est le troisième qualifié du continent Africain, mais nous ne disposons d'aucune information sur lui.

 


Vidéo de présentation des joueurs (ici Maru) disponnible sur le Youtube des WESG

 

Enfin le groupe B offre également de belles oppositions, et un résultat incertain. Deux favoris semblent se dessiner pour la première place en la personne de Maru, de retour à un très haut niveau après une année 2016 très moyenne, et Nerchio, considéré comme le meilleur foreigner de 2016. Les deux joueurs se sont déjà affrontés en Kespa Cup, avec une courte victoire de Maru, mais cette nouvelle confrontation s'annonce passionnante. La troisième place qualificative est très incertaine tant les joueurs restant sont très inconsistants. Harstem et Rex sont en manque de résultats, Beastyqt, bien qu'impressionnant pendant les WESG Europe, n'a pas été convaincant depuis. MarineLorD, enfin, joue probablement son dernier tournoi sur Starcraft 2. Le Terran français, ayant annoncé son intention de s'essayer à Overwatch, a réalisé de bonnes parties pendant les Nations Wars et ne risque pas ici de devoir déclarer forfait à cause de sa connexion internet.

Les deux Français ont donc tous deux de bonnes chances de sortir des groupes, avec la première place du groupe A à la portée de Stephano. Cependant ils auront fort à faire pour aller plus loin tant ils ne font pas partie des favoris. En fonction de l'arbre final, parmi les principaux candidats au partage de la majorité de la cagnotte mise en jeu on retrouve bien évidemment Maru et TY, ainsi que la crème des joueurs foreigners,  qui vont tenter de faire mentir les pronostics, Nerchio, Scarlett, Elazer ou encore ShoWTimE. 

La réponse sur Ogaming TV, dès jeudi à partir de 19h pour les groupes A et B, vendredi  pour les groupes C et D, samedi pour le début de l'arbre final et dimanche pour les demi-finales et la grande finale !

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