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13 oct. 2016 - Hatnuz League of Legends

Worlds : du sang neuf dans l'arène

Worlds : du sang neuf dans l'arène

Après deux semaines de compétition, beaucoup d’encre a déjà coulé sur cette édition 2016 des Worlds. Méforme de certaines régions, résultats pas attendus voire complètement hallucinants (on a quand même une équipe Wildcard dans les huit meilleurs équipes du monde), et j’en passe. Mais aujourd’hui, on va plutôt mettre les reproches au placard et se concentrer sur un des points forts de ce tournoi, la méta. Et plus particulièrement sur tous ces picks que l’on a que trop peu vus durant la saison et qui apportent un vent de fraîcheur sur la faille de l’invocateur.

Contexte

Si vous avez un petit peu suivi l’actualité précédent les Championnats du monde, vous êtes sûrement au courant que Riot, de l’avis unanime du monde de l’eSport, n’a pas été extrêmement avisé d’implanter, quelques semaines avant les Worlds un nouveau patch qui changeait une bonne partie de la stratégie early game. Ce fameux patch qui annule toute tentative de swaplane a été pas mal décrié, davantage dans son timing que dans son contenu. Il faut cependant reconnaître que dès le début des matchs de poule, les effets bénéfiques consécutifs à ce patch ce sont faits sentir. Un dynamisme de début de partie retrouvé, des drafts avec plus d’espace et, surtout, le retour de certains picks qui avaient dû migrer de force sur l’île abandonnée des champions qui souffrent horriblement d’un swaplane. D’autres champions ont rapidement suivi et on peut désormais voir de nouvelles choses à tous les postes.

Coup d’œil général

Un rapide coup d'œil sur les champions les plus joués nous donne un aperçu des nouvelles préférences des joueurs.  Et déjà, un premier constat s'impose. Avec 100% de présence dont 82% de ban, Nidalee est le seul pick impliqué dans les 48 matchs de poule, talonnée par l'une des grosses surprises de ce tournoi : la ténébreuse Syndra et ses 96% de présence  (dont 72% de ban). Voyons lane par lane l'état de la situation.

Top : Jayce et ses drôles de Yordles

Beaucoup de changement dans les picks sur une ligne qui n'a désormais plus rien à voir avec les habituels duels de tanks type Gnar-Ekko ou Shen-Irelia de l'été. Ces picks sont complètements devenus secondaires et laissent la place à un quatuor extrêmement rafraîchissant que sont Rumble (23 games jouées), Poppy (20 games jouées), Kennen (14) et Jayce (13). Si l'entrée des trois Yordles n'était pas attendue – ou si elle l'était, pas avec une si grande importance – celle du beau gosse de service est une réelle surprise et est aussi agréable à regarder qu'efficace en jeu. Dans un rôle de dominateur de lane, on l'a vu mettre cinquante-soixante creeps d'écart à de pauvres Kennen ou Rumble sans sourciller.

Jungle : comme un air de Ragnarok

Du côté de la jungle, on a déjà parlé de Nidalee et de ses 100% de présence. L'indéboulonnable Elise règne sans surprise dans les hautes herbes, malgré un pourcentage de victoire assez faible (39%). Pour accompagner la reine des araignées, ses deux acolytes de la saison Rek'sai et Lee sin répondent présents. Cependant, on a pu noter quelques choix exotiques (Zac, Nocturne ou Skarner) et notamment un bon gros viking qui est arrivé comme un bus dans la méta. Comment expliquer la présence dans plus d'une game sur deux de notre barbare préféré ? L'effondrement du nombre de tank par game, la synergie avec des picks comme Karma ou Nami  – dont on parlera plus bas – mais aussi parce qu'il est un contre instinctif à un pick comme Malzahar, font sans doute partie de la réponse.

Mid : pas de dégâts, pas de chocolat

En parlant du sombre vizir, jetons un coup d'œil à cette ligne centrale de la faille qui n'a pas échappé à ces nouveaux champions ayant  un point commun qui saute aux yeux : ils font des dégâts. Beaucoup de dégâts ! Bien plus que des dégâts « normaux », nous sommes là en face des maîtres en matière de défonçage de crâne. Ainsi à côtés des anciens comme Vladimir ou Viktor, sont réapparus des têtes vaguement connues comme Cassiopeia (qui, en passant n'a gagné qu'un tiers des quinze parties jouées), Ryze ou encore Aurelion Sol, dont les statistiques sont quelque peu biaisés par sa non disponibilité durant la première semaine. Mais la grande invitée surprise de ces Worlds,  toutes lanes confondues, c'est incontestablement Syndra.

Telle Maléfique de la Belle au Bois Dormant, elle surgit de nulle part et pose ses grosses sphères sur la table en s'imposant comme incontournable dans cette méta.

On peut donc dresser un profil-type du midlaner de ces championnats du monde : il est relativement statique, a énormément de capacité de push et peut ensuite être facilement décisif sur les autres lanes. Il a des dégâts insoutenables pour n'importe quel cible fragile et est donc, le plus souvent, la pièce centrale de la composition de son équipe. Nous sommes dans une période où le volume de jeu du midlaner est à nouveau au devant de la scène, et des champions qui nous apparaissaient comme dépassés reviennent au premier plan..

Bot : beau de loin, loin d'être beau

Si les deux derniers rôles sont groupés, c'est pour la simple raison qu'ils subissent des changements similaires, conséquences de cette midlane qui prend de plus en plus d'importance. Récemment axe moteur de la plupart des drafts, la botlane se retrouve par le fait cantonnée à des duos moins folkloriques, et souvent les mêmes. Ainsi les joueurs officiant au poste d'AD carry privilégiaient quasi systématiquement l'un des trois champions majeurs : Ezreal (24 games jouées), Jhin (22 games jouées) ou Caitlyn (20 games jouées). Trois profils différents mais pour un même objectif : rester loin du Malzahar ou du Ryze adverse.

Cette décentralisation de l'action vers le milieu de la carte ne plait pas à des équipes comme RNG, dont la pierre angulaire est l'AD carry Uzi...

Cette volonté de distance se ressent dans le choix du support qui devra apporter des contrôles en nombre pour gêner au maximum les glass canon ennemis. Dans ce rôle, Alistar reste le maître toute catégorie (71% de victoire sur 21 games jouées, excusez du peu), mais Braum et Nami ne sont pas très loin derrière. On notera également la présence de Karma qui va être privilégiée en synergie avec un Olaf ou un Aurelion Sol par exemple. Enfin, il faut mentionner le retour d'un pick que l'on n'aurait jamais pensé revoir : Zyra. Apparue en toute fin de phase de groupe (notamment dans les mains magiques de Wolf), elle a fait forte impression et pourrait donner des idées aux joueurs supports qui souhaitent se montrer agressifs.

La duolane a largement perdu de son importance avec le dernier patch. Que peut faire un pauvre Lucian contre une Syndra, un Olaf ou un Jayce ?

Conclusion

On a l'impression d'avoir fait un bond en arrière, de se retrouver en saison trois avec des compositions double-AP et des midlaner à mécaniques. Et en plus le règne des tanks semble toucher à sa fin en toplane – du moins pour le moment. Tout n'est évidemment pas rose dans cette méta, principalement du côté de la botlane qui n'est plus le centre de la composition, comme elle a pu l'être par le passé autour d'AD carry comme Jinx ou Sivir. Mais il est très agréable de revoir enfin des joueurs de midlane gagner des parties par leur simple volume de jeu. Faker sur Ryze, Ryu sur Cassiopeia, Crown sur Aurelion Sol, et j'en passe. Chaque partie est intéressante à regarder  et peut nous réserver des surprises (d'ailleurs, à quand un gros assassin type Diana-Zed-Talon sur la midlane ? Je suis sûr que cette question tourne dans la tête de quelques coachs).

À quelques jours des premiers quarts de finale, le jeu semble se polariser autour d'une midlane très remuante et contenant les meilleurs joueurs de la planète à ce poste. Il n'y a plus qu'à profiter du spectacle !

 

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2 commentaires

Agreubill2
Agreubill2 - 13/10/2016 18h46

" des drafts avec plus d’espace "
=> Je sais pas ce que signifie ce "plus d'espace", mais on a quand même moins de champ pick que les worlds de l'année passé (et pas qu'un peu ; 14 de moins, sachant qu'il y'en a plus de disponibles...). Ca risque pas de changer beaucoup en éliminatoires (peut-être un hard assassin pour counter Aurelion au mid ?) ; on se dirige à fond sur des stats des Worlds 2014 (avec la méta la plus fermée des 3 dernières années donc...).

"Avec 100% de présence dont 82% de ban, Nidalee est le seul pick impliqué dans les 48 matchs de poule, talonnée par l'une des grosses surprises de ce tournoi : la ténébreuse Syndra et ses 96% de présence (dont 72% de ban)."
=> Pas mieux que Morde et GP l'an passé !

"Ces picks [Gnar, Ekko, Shen, Irelia] sont complètements devenus secondaires"
=> Pour Gnar, et ses 46% de présence en pick/ban, ca se discute. Il est plus ban que les 4 ténors actuels de la top-lane (Jayce, Poppy, Kennen et Rumble) d'où une présence moins affichée ; mais il a pas quitté la méta pour autant (autant que Shen, Irelia Ekko en tt cas, avec leurs 12 ou 13 présences cumulées).

Hatnuz
Hatnuz - 13/10/2016 19h46

Coucou Agreubill2,
Une draft avec plus d'espace signifie simplement que les champions joués peuvent endosser plusieurs rôles dans une même game selon les périodes (ex : Jayce et son mode marteau ou canon), et attention à ne pas induire qu'un plus faible nombre de champion joué signifie invariablement une méta plus fermée.
Pour Gnar, il est vrai qu'il reste un pick viable et apprécié, mais il a simplement du composer avec de nouveaux arrivants sur sa top lane. Et il n'a comme tu le dis effectivement pas du tout quitté la méta ;)

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