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05 déc. 2017 - ZeManiaK Divers

Xenoblade Chronicles 2 : le banquet du J-RPG

Xenoblade Chronicles 2 : le banquet du J-RPG

Le J-RPG c'est génial ! Tenez, prenez ce Xenoblade Chronicles 2. Vous pourriez croire benoîtement qu'il s'agit du deuxième épisode de la licence : perdu, puisque Xenoblade Chronicles X était sorti il y a deux ans. Serait-ce alors une suite directe du premier épisode sorti sur Wii ? Que nenni : ce nouvel opus nous permet d'explorer un tout nouveau monde avec ses enjeux propres. Et il y a de quoi faire, puisque ce Xenoblade 2 est très généreux en contenu... parfois jusqu'à l'overdose.

Attack on Titan (littéralement)

Bienvenue dans le monde d'Alrest, entièrement constitué d'une mer de nuages dans laquelle les continents sont des êtres vivants gigantesques, les Titans. Rex, le protagoniste de notre histoire, est un Récupérateur qui repêche des épaves et des trésors enfouis sous les nuages. Suite à un contrat qui semblait pourtant facile, il va se retrouver empêtré dans un conflit majeur qui le dépasse pour in fine sauver le monde. Oui, le pitch est classique et les habitués du genre ne seront pas dépaysés malgré quelques twists bienvenus qui empêchent l'histoire de ronronner. Cela dit, même dans un genre connu pour ses aventures qui prennent du temps à décoller, l'histoire de Xenoblade Chronicles 2 est lente, très lente, la faute à des cut-scenes très bien mises en scène mais assez longues et des tutoriels fournis nécessaires pour comprendre les (très) nombreux systèmes à l'œuvre. Si vous n'êtes pas habitué au genre, armez-vous de patience car le jeu aura du mal à vous lâcher la bride avant plusieurs heures. Un programme copieux avec des plats assez lourds cependant.

Ou bien vous pourriez prendre du temps à explorer Alrest, qui s'avère un univers très riche et détaillé, aussi prenant que l'exploration de Bionis et Mekonis un épisode plus tôt et même encore plus puisque des coffres ainsi que des points de récolte disséminés un peu partout augmentent l'intérêt d'une étude méthodique et scrupuleuse de chaque zone de jeu. Les différents titans qui peuplent ce monde offrent des panoramas somptueux, du niveau de ceux de Final Fantasy XV et procurent un fort sentiment de dépaysement, que le J-RPG a si souvent réussi à nous faire ressentir. On notera d'ailleurs que les Nopons, les mascottes de la licence, sont désormais beaucoup plus intégrées à l'histoire du jeu puisqu'ils fournissent des protagonistes et des antagonistes à la narration. Malgré tout, les quelques clichés liés au genre du manga et du J-RPG n'ont pas disparus, notamment le fan-service (avec fantasmes sur les soubrettes et personnages à gros seins). Pas de quoi flinguer le jeu, mais c'est tout de même dommage.


Heureusement, les relations entre les personnages sont suffisamment bien travaillées

 

Y'a-t-il un Pilote pour la Lame ?

Nous avions abordé la narration en entrée, voilà l'heure d'aborder le plat principal de ce Xenoblade Chronicles 2 : le système de jeu. Reprenant la même base que pour les aventures de Shulk et ses amis, Monolith Software a développé une variation du gameplay à base d'auto-attaque, de positionnement et d'enchaînement de coups spéciaux. Le groupe est toujours composé de trois personnages maximum mais il y a une subtilité : chacun de ces persos, appelés Pilote, possède sa propre Lame, un être qui lui sert d'assistant au combat pour pouvoir effectuer des super-attaques élémentaires. La clé de la victoire, lors d'affrontements majeurs, sera la capacité de votre groupe à superposer leurs capacités élémentaires pour parvenir à une super-attaque dévastatrice, tout en survivant à l'hostilité de vos adversaires. Les combats sont assez réussis, les timings étant essentiels pour augmenter la puissance de vos coups spéciaux et charger la barre de super (qui correspond à la touche B), savoir se positionner et gérer les soins ainsi que les attaques ennemies demande beaucoup d'attention face aux adversaires les plus dangereux. Vu que les combats sont une part essentielle du jeu, heureusement que cette partie est bien réussie.

On trouve aussi énormément de mini-jeux, en plus des quêtes annexes FedeX obligatoires, certes moins nombreuses que dans le premier opus mais toujours trop présentes. Ces mini-activités permettent d'ajouter un peu de diversité dans les mini-jeux, notamment « Tiger Tiger », un petit soft d'arcade (qui bien qu'il soit propre à ce monde, est tout de même crédité à Monolith Software) très sympathique et qui aide le joueur à paramétrer une de ses Lames. Bref, le contenu est pléthorique si on ajoute à cela les ennemis uniques, les boutiques à développer sur chaque Titan/Continent, les Lames rares à débloquer et d'autres petits à-côtés assez intéressants.


L'écran est assez surchargé d'informations, mais avec la pratique, ça passe nickel

 

2017, une année faste pour les musiques de jeu vidéo

Quelle direction artistique que celle de Xenoblade Chronicles 2 ! Quel dessert visuel, quels panoramas, quels beaux designs, clairement typés japanimation. Et quel dommage que les textures de ce jeu bavent plus qu'une colonie de limaces toute entière. Sérieusement, la différence entre les personnages et leur décor fait parfois mal aux yeux lors des cut-scenes, même si les migraines nous sont épargnées lors des joutes. La Switch montre clairement la limite de sa puissance pour gérer un tel design, qui sans vous sortir de l'expérience de jeu, vous fera tiquer plus d'une fois lors de vos sessions. Et c'est d'autant plus dommage que les designs des villes, des titans et des personnages sont plutôt réussis et qu'ils auraient mérité une meilleur exposition.

Mais bon, 2017 semble l'année des bande-originales de grande qualité et Xenoblade Chronicles 2 ne fait pas exception, grâce à un Yasunori Mistuda de retour aux commandes. Les thèmes de villages sont classiques mais entraînants, ceux des combats sont tous écoutables des heures durant (mention spéciale au tout premier thème de bataille très bien mené) et Mitsuda reproduit des morceaux aussi marquants que ceux du premier épisode pour mettre en avant les grands moments de la narration. Encore une OST excellente pour la route. Merci 2017 !

Tout bien pesé, ce Xenoblade Chronicles 2 n'est pas révolutionnaire, mais il a le bon goût de confirmer et même d'approfondir les bons moments de son prédécesseur. N'ayant pas particulièrement trouvé le premier Xenoblade Chronicles extraordinaire et appréciant énormément l'opus X malgré ses défauts, je suis heureux de voir un système de combat plus approfondi et une exploration plus intelligente. Il est malheureux que la narration bien menée mais trop classique et initialement un peu lourdingue et les problèmes de textures ne fassent pas de ce Xenoblade Chronicles 2 un menu trois étoiles indispensable à tout maniaque du genre. Cela dit, le repas est copieux, le chef sait ce qu'il fait et la présentation reste de qualité : ce serait donc bien dommage de passer son tour et de ne pas vouloir au moins y goûter.

 

Xenoblade Chronicles 2, le premier bon J-RPG de la Switch 810Points positifs
  • Une histoire classique mais efficace avec des personnages attachants et une très bonne mise en scène...
  • Une bonne variation du système de jeu de Xenoblade 1 qui vous demandera de comprendre comment enchaîner les coups spéciaux au mieux
  • Beaucoup de mini-jeux et de contenu et heureusement peu de grinding
  • Une bonne direction artistique et une B.O du même niveau que le premier épisode, et un univers qui reprend en partie les mêmes thèmes
Points négatifs
  • ... mais le nombre trop abondant de cut-scenes, surtout au début du jeu, ralentit trop la progression, même pour un J-RPG
  • Moins de quêtes annexes FeDex que dans le premier, cela dit il y en a encore pas mal
  • Quelques problèmes techniques de textures qui gâchent un peu la D.A, surtout en grand écran
  • Fan-service dispensable à certains moments

Xenoblade Chronicles 2 a de beaux atouts à faire valoir, mais c'est peu dire qu'il ne révolutionnera pas le genre. Avec son contenu très étendu, il s'ajoute aux mastodontes de la line-up de la Switch sans éclipser un Mario ou un Zelda, mais en fournissant une offre supplémentaire. Tous les amateurs de japoniaiseries seront en terrain connu, sans que ce nouveau Xeno ne les challenge vraiment ou bien ne révolutionne leur avis sur le genre.

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