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20 déc. 2015 - ZeManiaK Divers

Xenoblade Chronicles X : je rêvais d'un autre monde !

Xenoblade Chronicles X : je rêvais d'un autre monde !

Annoncé depuis quelques années, sorti depuis la première partie de l'année au Japon, Xenoblade Chronicles X (prononcer Cross) nous arrive enfin, chant du cygne d'une Wii U déclarée en soins palliatifs. Mais quel chant du cygne ! Plongée dans un jeu très original de bien des manières, qui semble avoir permis à son créateur de réaliser enfin son ambition ultime.

Le plus beau monde trouvable dans un jeu vidéo.

Évoquons d'emblée le pitch de Xenoblade Chronicles X pour l'écarter assez vite : la Terre a été victime, dans un futur proche, d'un conflit entre deux races extraterrestres qui a détruit la planète, et forcé quelques survivants à s'enfuir sur des vaisseaux spatiaux. L'un de ces vaisseaux, après avoir subi une attaque ennemie, s'écrase sur une planète mystérieuse qui sera surnommée Mira. Votre avatar, qui se réveille au début du jeu, amnésique (Eh oui, J-RPG oblige !), va intégrer le BLADE, une organisation dont le but sera d'explorer et de sonder la planète, récupérer des données et surtout retrouver le cœur du vaisseau perdu quelque part sur Mira, avant que de mauvaises mains ne s'en emparent. Autant être clair, le scénario n'est pas aussi présent et motivant que dans le premier Xenoblade, et c'est assez vite visible : sur la dizaine de personnages jouables, seuls quelques-uns sont développés, et votre équipe lors des missions principales devra toujours comporter Elma (la chef de groupe) et Lin (la mécano géniale de 13 ans). On notera cependant que les dialogues sont bien amenés et qu'ils aident à ne pas se désintéresser de l'intrigue, qui ne se dévoilera dans toute son ampleur que lors de la fin du jeu. Mais bon, on est un voire deux crans en dessous de l'épisode précédent dans ce domaine.

Mais tout cela est finalement assez accessoire, car le personnage principal de Xenoblade X, c'est Mira elle-même. Et mes aïeux, quelle rencontre ! Quelle histoire d'amour ! Mira est le plus beau monde réalisé à ce jour pour un jeu vidéo, et je pèse mes mots. Divisé en 5 "continents" (avec en plus la ville de New Los Angeles, ou N.L.A), ce monde est un délice de game-design. Impossible de ne pas pousser un grand "WOW" à chaque nouvelle découverte de continent, où en réalisant à quel point, et dès le début, certains indigènes sont 20 fois plus grands que nous. Ce monde nous saisit, mais on réalise très vite à quel point il est riche et des dizaines d'heures qu'on peut passer à l'explorer. Vous allez vous rendre compte que sur votre mablette, on peut trouver un système appelé FrontierNav qui va s'avérer capital : en explorant certaines zones on pourra trouver des points de forage où implanter des sondes, qui nous donneront des informations sur la zone et ses alentours, et permettront de gagner de précieuses ressources, sur lesquelles je reviendrais à la fin du test. Et cette exploration est bien pensée, car ce monde est vivant : gestion du cycle jour/nuit impeccable, écosystème magnifique mais qui peut s'avérer piégeux (plusieurs ennemis sont invisibles de prime abord car camouflés pour attaquer leur proie afin de se nourrir, et ils risquent de vous infliger quelques défaites impromptues), Mira est un bijou qui devra être conquis, progressivement, en évitant les bêtes les plus hostiles et trop puissantes, en tout cas tant que vous n'aurez pas effectué de levelling. Et il va falloir s'y adonner, d'autant que les combats ne seront pas une promenade de santé.

Un aperçu du continent d'Oblivia, à la musique qui déchire et à l'écologie... piégeuse.

Let the battles begin !

Je ne m'attendais pas, en jouant à Xenoblade X, à ce que le système de combat soit aussi prenant. Il faut dire que le jeu fonctionne selon un système d'auto-attaque, à l'épée ou aux flingues, pouvant être switchée avec le bouton X. Votre personnage, en plus de son niveau, possède aussi des niveaux de classe lui permettant de débloquer de nouvelles capacités (où arts), et une fois arrivé au niveau de classe 10 on peut débloquer de nouvelles classes (qu'on peut changer n'importe quand, seulement pour le perso principal). Ces arts sont utilisables en combat et possèdent un cooldown après utilisation, ce qui requiert de gérer son timing pour en tirer le meilleur parti. Mais le véritable ajout de cette version vient des cris de guerre, déclenchables lorsqu'un des arts est en surbrilllance ou qu'un QTE se déclenche à l'écran (c'est toujours le même, mais il se déclenche parfois sans prévenir), dont les effets sont variables mais ce sont souvent les meilleurs moyens de se soigner en plein combat. Et la victoire, face à de nombreux adversaires coriaces, dépendra de votre capacité à activer les arts au bon moment pour anticiper ces cris de guerre et gérer ces fameux cooldowns, cooldowns qui peuvent être raccourcis lorsque vous utilisez le "métamode". Ce système de combat est très efficace, et le moins qu'on puisse dire c'est qu'il rend les affrontements palpitants et incertains.

On notera d'ailleurs que les stratégies pouvant être employées sont nombreuses, et vous allez devoir les peaufiner, surtout si vous voulez vous débarrasser des adversaires coriaces que sont les tyrans, sortes de monstres + ayant tous un nom bien précis, et qui font parfois l'objet de quêtes de primes, à la Monster Hunter. Une référence certaine pour Xenoblade X d'ailleurs, vu le temps passé à crafter son équipement, et à se doter des meilleures armes et armures pour ses Skells. Car les mécas, c'est important !

 

L'ambition réalisée de Tetsuya Takahashi.

Tiens, Tetsuya Takahashi, vous connaissez ? Peut-être pas, puisque la majorité de ses jeux, qui commencent quasiment tous par Xeno (Xenogears, Xenosaga, Xenoblade) ne sont pas tous arrivés en Europe. Le premier cité, Xenogears, permettait de se battre à pied ou à méca, et c'est exactement ce que propose Xenoblade X... en temps réel et en 3D. Après la sixième mission principale, vous pourrez exécuter des quêtes secondaires afin de débloquer votre premier Skell, nom officiel de ces mécas (j'aurais préféré les Dolls de la version japonaise, mais bon...), et le moins qu'on puisse dire, c'est que cette acquisition va changer la donne. En effet les Skells vous permettent de vous déplacer non seulement plus haut, en vous prenant pour Superman (et sauter au dessus des maisons de N.L.A est très jouissif), mais aussi plus vite avec le mode "course" qui permet de foncer à toute allure et de fuir très vite les combats. Mais surtout, SURTOUT, vous finirez par vous équiper du module de vol après quelques heures supplémentaires, et là vous allez comprendre pourquoi vous avez acheté ce jeu : une fois capable de voler, vous pouvez explorer la planète en entier, y compris les îles volantes, mais surtout vous pouvez voler. Et cette sensation de liberté... mmmhhh. C'est indescriptible tant c'est bon. Xenoblade, X, merci pour ce moment.

Les Skells changent aussi le gameplay du combat : les capacités des mécas proviennent de leur équipement, non d'un niveau de classe, et leur capacité ultime, "l'overdrive", permet d'augmenter les chances de reset de la capacité du Skell, qui remet tous les cooldowns à zéro au moment d'utiliser une capacité. Seul souci, quand ce reset a lieu, vous passez en vue "cockpit", ce qui rend la lisibilité du combat extrêmement brouillonne, pendant les quelques secondes de changement de vue. Très dommage qu'un événement censé être positif ait une conséquence aussi désastreuse sur le gameplay.

Le vol à bord d'un Skell, des sensations... pures.

 

Overdrive ou overdose ?

Avec tout ça, j'ai oublié de vous parler de plein de choses : la musique assez lunaire mais que je trouve globalement assez bonne, les graphismes somptueux (mis à part les animations de certains personnages...), les dialogues finalement bien exécutés  entre vos personnages mais aussi avec les NPC... et probablement d'autres. Mais il faut dire que Xenoblade X est copieux, parfois jusqu'à l'indigestion. Le nombre d'indicateurs est ainsi proprement énorme : en plus du niveau global et des niveaux de classe, il y a aussi le niveau BLADE, qui augmente un petit peu à chaque fois que vous tuez des monstres ou explorez la carte, et qui permet de pouvoir ouvrir plus de "coffres" en augmentant votre capacité de biologie, mécanique ou archéologie. Mais ce n'est pas fini : les entreprises qui vous vendent des armes ont aussi des niveaux, qui augmentent en leur donnant du miranium (la ressource hors-crédits la plus importante du jeu, qui tombe toutes les cinq minutes) et en portant leurs équipements. Ajoutez à cela les différentes sondes à placer via mablette qui peuvent interagir entre elles, les Skells (qui doivent être constamment rechargés en fuel), les arts et les compétences (passives) qui peuvent aussi être améliorés contre des points de combat (gagnables en découvrant des zones, des objets,etc...) et vous obtenez un jeu extrêmement dense, au contenu impressionnant. Et je ne parle même pas des différentes missions sélectionnables : en plus des 12 missions principales, on trouve des "Kizuna Quests", ou missions d'entente, pour débloquer de nouveaux persos ou mieux s'entendre avec les actuels, des missions de collecte ou de prime traditionnelles, et des missions un peu plus scénarisées, parfois assez intéressantes car offrant des résolutions un peu différentes selon vos choix. Rien de comparable à The Witcher, mais c'est agréable.

Le problème, c'est que tout ça est peu, parfois mal, voire pas du tout expliqué, et vous vous retrouverez probablement plus d'une fois coincé et obligé de consulter le manuel (en PDF) du jeu pour comprendre ce qu'il vous faut faire. Exemple : après 50 heures de jeu j'arrive au niveau du boss final, mais je suis un peu juste en terme de puissance. J'essaie d'acheter un Skell niveau 50, et je pense logiquement qu'il me faut avoir moi-même un niveau 50 pour m'en équiper. Grosse erreur : pour s'équiper d'un Skell niveau 50, il faut pouvoir avoir un "Niveau Skell 50". Et comment faire cela ? En améliorant jusqu'au niveau 5 (le max) la boutique Sakuraba, qui construit ces mécas. Qui me l'a dit ? Internet, et je ne pense pas que j'aurais trouvé la réponse seul, même si in fine j'aurais débloqué le niveau max de cette entreprise lors de ma progression. Mais voilà, ce n'était pas clair, à l'image de Xenoblade Chronicles X : magnifique, passionnant et chronophage, mais qui demandera un véritable investissement pour défricher les systèmes de jeu sophistiqués au possible.

 

 

 

Xenoblade Chronicles X : un monde merveilleux ! 810Points positifs
  • Le plus beau monde de jeu vidéo jamais créé, un level-design de ouf. Enfin un monde qui peut être qualifié d' "ode à l'exploration" sans en faire trop.
  • Les combats assez palpitants et incertains.
  • Le vol en Skell. Rien que pour ça, l'aventure en vaut la peine.
Points négatifs
  • La narration trop discrète, tous les rebondissements arrivent à la toute fin.
  • Overdose de choses à faire, il faut savoir faire le tri, même si la customisation est très poussée.
  • Vue cockpit DE MERDE (c'est dit) !

Xenoblade Chronicles X est le meilleur J-RPG de cette année et un des meilleurs RPG de cette génération, c'est évident. Alors il va falloir prendre son temps, construire son économie à coup d'exploration, de forages, de combats et de quêtes, mais ce voyage en vaut la peine. Si vous avez une Wii U, ce jeu est un must-buy, à moins bien sûr d'être totalement réfractaire à ce genre de jeu. Mais Xenoblade X vaut le coup, ne serait-ce que pour faire la connaissance de la planète Mira, qui recèle pas mal de secrets. Car mine de rien... il y a quelque chose à propos de cette planète.

 

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