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16 juil. 2015 - Mandark Divers

Yoji Horii : Dragon Quest Hero !

Yoji Horii : Dragon Quest Hero !

Longtemps frères ennemis, Enix, la société derrière Dragon Quest, et Square, jamais très loin avec ses Final Fantasy, finirent un beau jour par fusionner. Aujourd'hui ils ne sont pas peu fiers de présenter Dragon Quest Heroes : Le Crépuscule de l'Arbre du Monde, un épisode spin-off orienté action-directe, amoureusement concocté par Tecmo Koei et Omega Force, déjà à l'origine de la très appréciée série des Dynasty Warriors et d'un Hyrule Warriors des plus réussis.

Et il y a peu nous étions quelques-uns à avoir la chance de rencontrer en vrai Yoji Horii, papa - et maintenant même carrément grand-père tellement on compte de descendants ! - de la plus vieille et populaire série de RPG de l'archipel Nippon, j'ai nommé Dragon Quest, la veille de son passage à Japan Expo 2015. L'occasion pour nous de lui poser quelques questions sur la série phare dont il est le maître d’œuvre et sur ce Dragon Quest Heroes, qui après avoir fait un carton au Japon sortira chez nous le 16 octobre, sur PS3 et PS4 (participaient également à l'interview messieurs Ryota Atomi et Kenichi Ogasawara, producteurs respectivement chez Square Enix et Koei Tecmo, ainsi que Benoit Baylé, pour Melty.fr, et Daniel Andreyev, pour Gamekult).

 

 

O'Gaming : Dragon Quest est sans doute la plus ancienne licence de RPG japonais et une de ses caractéristiques est qu'elle repose depuis le début sur les mêmes bases. Comment expliquez-vous le succès de la série après toutes ces années ?

Yoji Horii : À l'époque où nous avons créé le premier Dragon Quest, les RPG étaient des jeux relativement difficiles à comprendre pour la plupart des gens, et beaucoup, je crois, trouvaient le genre un peu froid, un peu impersonnel. Donc je pense que les deux choses que nous avons fait différemment avec le premier Dragon Quest est que l'on a rendu le jeu simple et facile à comprendre et qu'on a essayé d'y rajouter une touche d'humanité, de chaleur humaine. C'est vraiment le lien entre ces deux aspects du jeu qui est la clé du succès. Avant Dragon Quest il existait d'autres RPG, mais pour la plupart d'entre eux il y avait tellement de liberté qu'on finissait par ne plus savoir ce qu'il fallait faire. Vous pouviez tout faire, mais vous finissiez par ne plus savoir ce qu'il fallait faire précisément à un moment ou un autre, donc on a essayé de simplifier ça et de rendre notre aventure très narrative, de faire en sorte que vous soyez poussé en avant par l'histoire et qu'elle vous divertisse pendant que vous jouez. C'est vraiment quelque chose que nous voulions quand nous avons commencé Dragon Quest... Il y a 30 ans maintenant (rires).

Gamekult : Il y a deux grandes séries de RPG au Japon, Dragon Quest et Final Fantasy. Là où Final Fantasy opte pour un changement de formule continu d'un épisode à l'autre, Dragon Quest joue la carte du classique. Comment voyez-vous l'avenir de la série si elle reste sur du classique ?

Yoji Horii : Dragon Quest n'est pas complètement « immuable »... La base du jeu, le fait qu'il faut que ce soit simple pour que les joueurs le comprennent et s'y intéressent, ne change pas et nous essayons de faire en sorte que ce soit le cas pour tout nouvel épisode. Cependant il y a à chaque fois de nouveaux challenges sur la façon de procéder, comment faire fonctionner le jeu à chaque nouvelle histoire. Donc on essaye de prendre de nouvelles directions, mais dans le même temps nous voulons vraiment conserver cette base comme l'essence de Dragon Quest, alors on peut dire que ça change dans la continuité. Et pour le futur ce serait super d'avoir des spin-offs de Dragon Quest qui se joueraient avec un casque de réalité virtuelle (rire) !

Melty : Que pensez-vous du fait qu'il y ait de moins en moins de RPG au tour par tour de nos jours ? Pensez-vous que cela n'intéresse plus les joueurs aujourd'hui ?

Yoji Horii : Je pense qu'il est bon d'avoir les deux approches, qu'on en a besoin. Certains préfèrent le tour par tour parce que c'est plus facile pour appréhender le jeu et c'est la direction que nous essayons de prendre pour DQ, mais on tente de varier les règles avec d'autres styles de gameplay. Par exemple dans DQ X, qui se joue au tour par tour mais où il y a en même temps un facteur « temps réel » à prendre en compte. Donc oui, je pense qu'il faut les deux. Dragon Quest Heroes lui est complètement basé sur l'action, et il n'y a pas la plus petite trace de tour par tour.

Ça va chier !

O'Gaming : D'où est venue l'idée de faire de DQ un jeu d'action, un « Musou »*?

Kenichi Ogasawara : La première chose qu'il faut préciser est que quand Square Enix nous a contactés pour réaliser un jeu d'action sur la base de DQ, ils nous ont bien précisé : « un jeu d'action original, pas un titre dans la lignée des Musous ». C'était une clause importante du contrat.

Ryota Aomi : Il est quasiment inévitable que quand vous avez Koei Tecmo Games qui se met à la réalisation d'un jeu d'action, beaucoup se disent que ça va être un titre à la Musou, mais nous avons vraiment énormément œuvré pour que Dragon Quest Heroes ne prenne pas cette direction, qu'il ait sa propre personnalité.

O'Gaming : Alors qu'est-ce qui fait que cet épisode est « so Dragon Quest» ?

Ryota Aomi : Premièrement vous combattez des monstres, alors que dans la série des Musous, ce sont seulement des humains. Là, il y a vraiment beaucoup de créatures différentes. Dans les Musous, vous combattez des centaines et des centaines d'humains, qui font tous relativement la même taille. Dans Dragon Quest Heroes, les monstres sont de tous les gabarits, ça va des petits slimes jusqu'à des créatures de taille gigantesque. Avoir tout le bestiaire de Dragon Quest fait la différence ; chacun des monstres ayant vraiment sa personnalité et son style, on n'a jamais l'impression de combattre sans cesse les mêmes ennemis.

Yoji Horii : Un autre aspect du gameplay qui fait la différence et dont nous avons discuté dès la pré-production, était d'inclure des éléments de tower-defense dans le jeu. C'est quelque chose qui n'a jamais été fait dans un Musou ou un autre jeu du genre, et c'était une bonne idée de le faire avec Dragon Quest Heroes.

O'Gaming : Étant joueur de Final Fantasy XIV, j'ai souvent assisté à des moments easter-egg dans le jeu relatifs aux grands titres de la maison Square Enix. Peut-on s'attendre à des clins d'œil pour la sortie de Dragon Quest Heroes ?

Ryota Aomi : (rire) Il se pourrait que des événements en rapport avec Dragon Quest Heroes prennent place en effet. Mais une collaboration entre Dragon Quest X (volet online sorti seulement au Japon) et Final Fantasy XIV pourrait aussi très bien arriver. En fait Yoshida-san, le game-director de Final Fantasy XIV faisait partie de l'équipe de développement de Dragon Quest X.

 

* L'appellation « Musou » vient de la série phare de Koei Tecmo, développée par les équipes d'Omega Force, Shin Sangokumusō. Il s'agit d'épopées guerrières où il est de bon ton de faucher les importuns par paquets de 10, plus connues dans nos contrées sous l’appellation « Dynasty Warriors ».

 

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1 commentaire

LBot
LBot - 17/07/2015 15h30

Ravi de voir qu'OGaming a désormais la crédibilité suffisante pour obtenir ce genre d'interview auprès de grands noms du JV.

Les questions sont pertinentes et les réponses intéressantes. On sent bien qu'ils font la promo de leur jeu au passage, mais c'est bien normal après tout ;)

Moi qui n'ai jamais joué qu'au FF, ça me donne envie de tester l'univers DQ.

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