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18 oct. 2017 - ZeManiaK Divers

Ys VIII : Des larmes sucrées

Ys VIII : Des larmes sucrées

Parmi tous les éditeurs de RPG issus du pays du Soleil Levant, Nihon Falcom est l'un des plus anciens mais aussi l'un des plus méconnus en Europe. La saga des Ys est pourtant parue sur Master System à ses débuts en Europe, avant de devoir attendre plus de quinze ans pour revenir sur le Vieux Continent. Avec ce huitième épisode, intitulé Lacrimosa of Dana, Ys VIII débarque en français et si la traduction n'est pas glorieuse, le reste du jeu est excellent. Direction l'île de Seiren !

 

Le Monde Perdu + Lost + Your Name + du RPG = Ys VIII. Sans dec'

Comme à chaque épisode d'Ys, le joueur suit les aventures d'Adol Christin, un jeune épéiste aux cheveux rouges qui narre toutes ses péripéties dans son journal. Ce Ys VIII le voit s'échouer sur l'île déserte de Seiren en compagnie de son meilleur ami, Dogi, et des passagers du navire sur lequel il était embarqué, le Lombardie. Très vite, les naufragés vont s'organiser afin de survivre sur cette île très grande et remplie de mystères. Et si vous pensez que les séries télé et les films cités en titre ont été mis au hasard , ou bien parce que ça fait cool, détrompez-vous : vous allez en effet vous rendre compte que l'île regorge de dinosaures, la plupart hostiles, mais aussi de mystères et ruines d'une civilisation disparue. Parallèlement, les rêves d'Adol vont lui permettre de communiquer avec une jeune prêtresse issue du passé, la fameuse Dana, les deux personnages finissant par s'aider mutuellement dans leurs époques respectives. Comme quoi, le titre n'était pas galvaudé.

Concrètement, vous allez suivre Adol et ses compagnons d'infortune pendant près d'une quarantaine d'heures, la plupart dédiées à explorer l'île de Seiren et ses mystères. La première dizaine d'heures sera d'ailleurs uniquement dédiée à la découverte de l'île, à la constitution d'une base, à sa défense et à la recherche de naufragés. Progressivement, l'histoire de Dana va se greffer à la lutte des échoués du Lombardie pour survivre et quitter l'île. Cependant, ce sont bien les pérégrinations d'Adol qui resteront le point central de l'histoire : dommage pour Dana, dont l'histoire et la civilisation auraient mérité une storyline plus aboutie avec des personnages un peu plus élaborés.

C'est d'autant plus frustrant que les naufragés cotoyés par Adol sont presque tous intéressants et qu'eux possèdent des traits attachants, ce qui pousse d'autant plus le joueur à tous les trouver. Car oui, dans comme le premier Suikoden venu, il est possible d'intégrer à sa base plusieurs personnages, optionnels ou non, qui ajouteront des possibilités de quêtes annexes et aideront le village à se défendre lors de missions consistant à repousser toutes les vagues d'assaillants déferlant sur votre havre de paix. On notera que cette version PS4 ajoute un mode de "conquête" des territoires ennemis où, cette fois, le joueur doit s'en prendre à des nids de monstres avant d'occire le boss du coin. De plus, un donjon additionnel a été ajouté dans l'histoire de Dana : si ce dernier explore un peu plus le background de son peuple, un ajout notable, c'est surtout pour la qualité de ses puzzles qu'on le retiendra. Et qu'il est bon de réfléchir dans un jeu où l'on s'adonne autant à la destruction de tous les monstres qui nous tombent sous la main.

Alors petite, je sais pas, mais futée, là maintenant tout de suite, j'espère pas trop...

Joie de donner (des baffes), plaisir de recevoir (de la bonne musique)

La saga des Ys s'est faite connaître pour son action en temps réel décomplexée, qui la rapproche plus d'un Diablo et des hack'n'slash que de Final Fantasy ou d'un Dragon Quest. Ce huitième épisode reste dans la même veine que ses prédécesseurs avec un système de combat simple et efficace, permettant d'enchaîner les coups pour remplir la barre d'énergie et délivrer des attaques spéciales très différentes selon les six personnages que vous pourrez contrôler. Étant donné qu'il est possible de switcher entre les trois héros de son équipe et que les ennemis sont plus ou moins vulnérables à un type d'armes en particulier, il est donc crucial d'apprendre à connaître chaque personnage et de connaître les zones d'effets de leurs techniques mais aussi de leurs attaques finales dévastatrices. Il faut bien le dire, Nihon Falcom sait exactement comment réaliser un gameplay efficace, aussi addictif que d'éclater du papier bulle comme le disait Toshihiro Kondo, le PDG de Nihon, ici même. On a envie d'explorer et de cogner en même temps, et la profusion d'ennemis différents mais aussi de boss, qui renouvellent les affrontements, empêche toute lassitude. On conseillera néanmoins aux joueurs aguerris d'essayer le mode difficile au challenge bien plus relevé sans être injuste, tandis que les novices du genre pourront tout à fait s'amuser en normal. Petit bémol au passage, si la grande majorité des loots de matériel pour augmenter ses armes et son village viennent naturellement avec les combats, certains objets plus rares ne peuvent être gagnés qu'à certains points de collecte bien précis, et parfois avec beaucoup de chance uniquement : dommage que l'aléatoire puisse faire perdre un peu de temps pour collecter les matériaux les plus rares, surtout les minerais.

Autre point très positif : les musiques d'Ys VIII. C'est une constante de cette année 2017 et on ne s'en plaindra pas : les OST sont savoureuses et celle-ci renferme plusieurs pépites de grande qualité. Il y en a deux grands types, en plus de la très belle introduction qui sert de thème principal et qui revient comme un leitmotiv à plusieurs moments-clé du jeu : tout d'abord, les morceaux caractérisant une zone bien particulière, parfois très dynamiques (Sunshine Coastline, une des tueries de cette année 2017, en Occident en tout cas), parfois plus mélancoliques ou juste mélodiques (The Sibylline Road, par exemple). qui donnent du cachet à une île qui possède d'ailleurs de nombreux lieux mémorables. Encore heureux, car les graphismes ne poussent pas la PS4 dans ses derniers retranchements : puisqu'il s'agit d'un portage Vita, on ne sera pas trop exigeants. On trouve ensuite les musiques de boss et là aussi, la Falcom Sound Team jdk (le nom de l'équipe musicale de Falcom, qui signe toujours ses œuvres sous ce nom de groupe) a fait du bon boulot avec des sons qui tabassent les oreilles et accompagnent excellemment les joutes d'Adol et ses compagnons (on conseillera ainsi Smash Up et Deadly Temptation, entre autres). Bref, de la très bonne came, du genre qui vous restera assez longtemps dans les oreilles... en tout cas, bien après que vos yeux auront fini de signer à cause de la traduction de ce jeu.

Amis de la syntaxe et de l'orthographe, AU REVOIR !

Lost in translation, once again...

Depuis le temps, on pensait que les éditeurs de jeux vidéo avaient compris, qu'ils se donnaient la peine de laisser un peu de temps à leurs traducteurs pour qu'ils ne fassent pas n'importe quoi. Comme quoi, Nihon Falcom a encore des progrès à faire en la matière, puisqu'on se retrouve avec un jeu qui, heureusement, possède des menus correctement traduits en français. Si on regarde les dialogues, cependant, on trouve de nombreux mots en trop, ou bien manquants, des pluriels ajoutés au petit bonheur la chance, entre autres horreurs. De quoi nous rappeler les mauvais jours de la Playstation première du nom, quand des jeux tels Final Fantasy VII, Breath of Fire III ou Suikoden II nous arrivaient avec des traductions improbables. Est-ce que ça nous importait, nous qui cherchions des histoires fortes et des personnages hauts en couleur ? Non, et Ys VIII ne devrait pas trop souffrir de sa version française. Mais bon, autant éviter de se donner des handicaps, surtout avec des fautes de syntaxe aussi évidentes. Heureusement que les combats, les musiques, les personnages et les points d'intérêt restent la vraie raison de s'essayer à ce Ys VIII, qui, on l'espère, marquera un tournant dans la réception de la saga à l'internationale.

 

La vallée de Dana, version 2010's. N'empêche, j'ai envie d'écouter du Manau moi maintenant.

 

 

Ys VIII : une belle initiation à la saga 810Points positifs
  • Un système de jeu très plaisant, enchaîner les combats pour grinder est un plaisir
  • L'île de Seiren est extrêmement plaisante et satisfaisante à explorer
  • Des personnages simples mais attachants
  • Une musique extra pour accompagner le voyage et les combats
Points négatifs
  • - Une traduction française digne de Suikoden 2 et FF VII...
  • - Si l'exploration est très agréable, la storyline de Dana aurait gagné à être approfondie davantage
  • - Un peu trop de RNG sur les drops et tout ce qui concerne l'aléatoire

Très accessible et addictif, YS VIII possède aussi une belle histoire qui aurait mérité d'être plus creusée, mais peu importe. Le voyage vaut le coup, pour peu que votre âme d'explorateur ait soif de nouvelles découvertes.

 

 

 

 

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